shia religion

this weblog is about shia and manifest truth

shia religion

this weblog is about shia and manifest truth

shia religion

Shia religion

Links
other sites





LES ENSEIGNEMENTS ISLAMIQUES

 Les enseignements islamiques couvrent tout le champ de la vie humaine. Ils sont globalement divisés en deux parties: 

 1. La relation de l'homme avec Allah 

 2. La relation de l'homme avec l'homme 

 La relation de l'homme avec Allah  

Pendant qu'il accomplit un acte d'adoration, l'homme est absorbé par ses louanges à Allah, et donc, essaie d'amener son âme à se transcender et à se hisser au-dessus de ce monde matériel. Il tente de se purifier des impuretés de ses péchés et de cultiver en lui-même, de hautes qualités humaines. Il implore l'aide d'Allah, le Tout-Puissant et l'Eternel afin de venir à bout des causes du désespoir et du découragement; il continue de L'invoquer afin d'assumer sa responsabilité envers Lui. Le Saint Coran dit: "Adore-Moi et persiste dans la prière pour te souvenir de Moi." (Sourate Tâhâ; 20:14) De là, il est évident que c'est l'adorateur qui tirera profit de l'adoration. L'effet salutaire de l'adoration Les actes d'adoration sont à accomplir avec une attention particulière et certaines formalités. Allah n'a pas besoin de nos actes d'adoration. C'est nous qui, à travers notre adoration d'Allah, sommes comblés de grands avantages moraux et matériels. Alexis Carrel(17) , un scientifique connu, dit: "Lorsqu'il n'est pas possible de trouver des mots qui suscitent l'espoir, ce sont l'adoration et la prière qui engendrent le sentiment de confiance et rendent l'homme capable de faire face, avec assurance, aux problèmes complexes de la vie. Ce sentiment peut se manifester chez chaque individu." L'adoration laisse une marque déterminée sur les habitudes et les manières, et c'est pour cette raison que nous devons accomplir des actes d'adoration régulièrement. Les sociétés qui ont assassiné l'esprit de l'adoration ne sont pas à l'abri de la corruption et de la décadence. Les effets de l'adoration et du culte sont si rapides et si étonnants que leur manifestation peut être sentie physiquement. Selon le même scientifique, le résultat de l'adoration peut être établi scientifiquement. Les actes cultuels influent non seulement sur les conditions émotionnelles mais aussi les conditions physiques, et parfois même ils guérissent les maladies du corps en quelques jours ou en quelques moments. Les actes d'adoration islamiques sont très facilités pour le malade et le faible. Il convient de noter que non seulement les actes d'adoration islamiques sont de nature à promouvoir des effets sains et bienvenus dans les aspects émotionnel, psychologique et moral de l'individu, mais qu'ils produisent aussi des effets sociaux remarquable s (voir Ayatollâh Mohammad Bâtir al-Sadr.(18) Aç-Çalât (la Prière) La Çalât, l'un des plus importants actes d'adoration islamiques, est accomplie cinq fois par jour et nuit, avec une grande simplicité et dévotion. Elle produit un effet très sain et profond sur la vie morale et spirituelle de l'homme. Elle aide à consolider l'esprit de la foi et à purifier le coeur de l'adorateur des impuretés du péché. Comme l'une de ses conditions est la propreté, elle exige de chaque Musulman qu'il garde son corps et ses vêtements propres et soignés.(19)  

L'une des exigences préalables à la prière est que le vêtement du "priant" et le lieu où il accomplit la prière ne doivent pas être obtenus par des moyens illégaux. De cette façon, l'Islam apprend à l'homme à ne pas transgresser la propriété d'autrui et à ne pas en abuser. Et comme la prière doit être accomplie à des heures précises, l'Islam nous apprend, par cette pratique, la discipline et la ponctualité et habitue l'homme à se réveiller tôt, habitude dans laquelle réside le secret du succès de beaucoup de personnalités dans le monde. Nous savons qu'il est préférable d'accomplir la prière en assemblée, où tout le monde sans distinction se met debout devant Allâh, en une ou plusieurs rangées, et s'acquitte de ce rituel significatif et anoblissant qu'est la prière, d'une manière fraternelle. La Prière en assemblée nous donne une leçon d'égalité, de fraternité, d'harmonie et d'unité. Le jeûne Le jeûne est un autre acte d'adoration islamique qui nous apprend 1'auto-contrôle et la résistance à la passion. Sur le plan social, il incite les gens à faire preuve d'une sympathie pratique envers les affamés et les dépossédés. En outre, sur le plan de la santé et de l'hygiène, sa valeur curative et préventive est indéniable. Il nettoie le système corporel interne et débarrasse l'organisme des matières alimentaires non consommées qui prennent généralement la forme de graisse superflue et excédentaire, et qui deviennent la cause de beaucoup de malaises et de maladies. Le jeûne est une bonne mesure de précaution et de prévention contre la survenue d'un grand nombre de maladies. Il a aussi une valeur curative(20). Le Hajj (le Pèlerinage de la Mecque) La tenue d'une grande conférence des Musulmans du monde est une autre pièce maîtresse des enseignements islamiques concernant le culte. Les cérémonies du Hajj (pèlerinage de la Mecque) sont si émouvantes, si pures et imprégnées tellement de fraternité et d'égalité qu'elles impressionnent tout un chacun sans exception. Plus d'un million de Musulmans venus de toutes les régions du monde accomplissent le Hajj chaque année. Ce rassemblement offre à des gens de toutes races, de toutes langues et de toutes nationalités l'occasion de se rencontrer sur un terrain commun, sans aucune discrimination. Ces cérémonies arrachent l'homme à sa coquille matérielle, marquée par la sévérité et l'antagonisme, pour l'élever vers une atmosphère pleine de dévotion et de vertu. Elles attendrissent les émotions et adoucissent les sentiments. Les rassemblements du Hajj ont aussi pour but de tenir une conférence nationale à un niveau mondial et de contribuer à l'homogénéité des Musulmans, sur les plans à la fois politique et économique. Ces rassemblements servent également de force d'unification et de lien commun entre des Musulmans appartenant à des horizons sociaux divers et leur fournissent l'occasion de s'asseoir ensemble et d'échanger leurs idées. Une étude de tous les actes d'adoration en Islam montrera que chacun d'eux possède un aspect moral ou spirituel et un aspect social. Cela confirme ce que nous avons dit plus haut, à savoir que le bénéfice de tous les actes d'adoration en Islam revient à celui qui les accomplit, ainsi qu'à l'ensemble de la société(21). La relation de l'homme avec l'homme Cette partie des enseignements islamiques inclut tous les problèmes sociaux. L'Islam, avec son système distinctif, apprend à ses adeptes comment ils doivent être, comment ils doivent vivre et comment ils doivent s'acquitter de leurs devoirs envers la société. Les obligations dont un Musulman doit s'acquitter sont de nature large et variée. Ces obligations sont envers les parents, les instituteurs, les amis, les voisins, les frères en religion, les semblables, et même les animaux (voir: "Islam, Code of Social Life", Isp. 1980) L'Islam nous informe que l'homme, étant un organe du corps social, a une si grande importance que rien ne saurait être égal à sa vie et à son sang. Le Saint Coran dit: "Celui qui a tué un homme qui lui-même n'a pas tué, ou qui n'a pas commis de violence sur la terre, est considéré comme s'il avait tué tous les hommes; et celui qui sauve un seul homme est considéré comme s'il avait sauvé tous les hommes." (Sourate al-Mâ'idah; 5:32) Il n'y a pas de doute qu'eu égard à l'homogénéité de tous les organes du corps de la société humaine, la perte d'un individu affecte toute la société, et l'individu et la société deviennent donc plus ou moins identiques. Le Saint Prophète a dit que tous les croyants sont les organes d'un seul corps. Si un organe souffre tous les autres organes du corps se sentent malades. Sa`di Chirâzi, célèbre poète d'Iran, était inspiré de ce même dire lorsqu'il a écrit un couplet bien connu que tous les êtres humains sont des-organes les uns des autres. Comme nous le savons, en Islam, il n'y a pas de problème de race, de couleur ou de région géographique. Il est possible que toutes les sociétés musulmanes établissent, sur la base de leur adhésion à une idéologie commune, un gouvernement mondial avec une seule loi et une seule politique dans lequel toutes les entités raciales et géographiques peuvent être submergées. Les relations des Musulmans avec les Non-Musulmans Là encore les enseignements islamiques visent deux objectifs: 1. Préserver l'identité musulmane 2. Etablir des relations pacifiques avec les Non-Musulmans. Des dispositions sont prises en vue de maintenir l'indépendance et la solidarité de la société musulmane, d'empêcher les Musulmans noyés dans une société non musulmane et de les protéger contre toute influence étrangère. Pour cela des instructions ont été données, demandant aux Musulmans de ne pas se fier à des non-Musulmans et de ne pas leur divulguer leurs secrets. 

Le Saint Coran dit: "O les croyants! N'établissez de liens d'intimité qu'entre vous. Les autres ne manqueront pas de vous nuire; ils aiment vous voir souffrir." (Sourate Âle `Imrâne; 3:118) L'Islam interdit aux Musulmans de se lier d'amitié avec ceux qui sont hostiles à l'Islam, à moins que ces derniers changent leur politique et abandonnent leur attitude hostile. Le Saint Coran dit: "Tu ne trouveras pas de gens croyant en Allah et au Jugement Dernier, et témoignant de l'affection à ceux qui s'opposent à Allah et à Son Messager, seraient-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les membres de leur clan." (Sourate al-Mujâdalah; 58:22) L'Islam veut aussi que les Musulmans constituent une nation puissante et active dans le monde. Il veut qu'ils tirent avantage du rôle constructif des non-Musulmans et qu'ils vivent avec eux dans le respect mutuel et une atmosphère saine. L'Islam permet aux Musulmans de poursuivre une politique de coexistence pacifique avec les gens du Livre. Il enjoint même aux Musulmans de protéger ces derniers en tant que minorité vivant dans des pays musulmans, de respecter leurs droits tant qu'ils ne commettent pas de crime. De telles minorités sont connues dans la jurisprudence sous la dénomination de Ahl al-Thimmah (les non-Musulmans qui vivent sous la protection d'un gouvernement musulman). De toute façon, il y a à cet égard, certaines conditions qui doivent être observées dans un État islamique. Cette règle doit être observée à l'égard des traités conclus aussi bien avec les Musulmans que les non musulmans. La violation d'un traité sous prétexte que l'autre partie n'est pas musulmane, est inadmissible. L'Islam enjoint une vigilance universelle Chaque Musulman a deux devoirs obligatoires 1. Inviter les autres à faire le bien 2. Combattre la corruption Ces deux devoirs qui sont connus dans la jurisprudence islamique sous l'appellation de: "al-Amr bil-Ma`rouf" (exhortation à faire le bien) et "al-Nahy `An al-Munkar" (interdire de faire le mal) demandent à tous les Musulmans de maintenir la société sous une surveillance constante. S'ils voient quelqu'un dévier de la voie de la justice et de la vérité, ils doivent l'inviter au droit chemin, et s'ils voient quelqu'un commettre un crime ou un péché, ils doivent l'en empêcher. Cette règle est considérée comme une loi importante de l'Islam. Le Saint Coran dit à cet égard: "Vous formez la meilleure nation suscitée pour les hommes: vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable." (Sourate Âle `Imrân; 3:110) L'Imam al-Çâdiq a dit:

"Quiconque s'abstient de combattre la corruption, soit avec sa main, soit avec sa langue, soit dans son coeur n'est vivant que de nom." En réalité, l'accomplissement de ces deux devoirs importants est l'une des obligations de la vie collective. Dans la vie collective, le bonheur et la misère de chaque membre de la société sont partagés par les autres, lesquels ne peuvent donc pas être indifférents à la conduite de leurs semblables. L'Islam demande à tout Musulman de garder pleinement vivant son esprit social et de défendre chèrement les intérêts collectifs. Il appelle chaque individu à se considérer comme responsable de tous les autres membres de la société, et demande à celle-ci d'être responsable de tous les individus. Tous les Musulmans ont le devoir de se critiquer et de se corriger réciproquement, ainsi que de jouer leur rôle dans la formation d'une société saine. L'économie islamique Comme le bien-être moral et matériel de la communauté n'est pas possible sans une économie équilibrée et saine, l'Islam, en tant que religion progressive, n'a pas perdu de vue un sujet si vital et si important(22). 1. La Zakât Pour réduire l'écart entre les riches et les pauvres, l'Islam a institué le système de la Zakât et a ordonné aux riches de payer, en Zakât, une part convenable de leurs richesses et de leurs revenus personnels, au trésor public (Bayt al-Mâl). L'argent ainsi collecté constitue une somme importante qui peut aider beaucoup à combattre la pauvreté, à réduire l'écart entre les classes sociales et assurer un développement global. Les dirigeants de l'Islam ont dit que la somme de la Exact a été déterminée avec une telle précision que si tous ceux qui sont imposables paient honnêtement la Exact, la pauvreté peut être éradiquée totalement. Si la pauvreté existe, c'est seulement parce qu'un grand nombre de personnes manquent à leur obligation de s'acquitter de ce devoir vital. Il est obligatoire de payer la Exact au taux de 5%, si les biens imposables sont en possession de leur propriétaire pendant onze mois lunaires révolus. Ces biens imposables comprennent: le blé, l'orge, les dattes, les raisins secs, les chameaux, les vaches, les moutons et les chèvres, les pièces d'or et d'argent. L'Islam a prescrit huit catégories de destinataires de l'argent de la Exact, et la façon dont cet argent est à répartir illustre pleinement, comme nous allons l'apercevoir, le but et l'importance de cette loi islamique, et montre que la Exact contribue fortement à la formation d'une société saine. Les détails de ces huit catégories de destinataires sont mentionnés dans le verset suivant du Saint Coran: "La Exact est destinée uniquement aux pauvres, aux nécessiteux, à ceux qui sont chargés de la recueillir et de la répartir, à ceux dont les coeurs sont à rallier; au rachat des captifs, aux débiteurs insolvables, à la lutte dans chemin d'Allah, et aux voyageurs. Tel est l'ordre d'Allah. Allah est Tout-Connaisseur et Tout-Sage." (Sourate al-Tawbah; 9:60) Il est à noter que l'expression "dans le chemin d'Allah" est très vaste et couvre tous les projets de développement ainsi que des domaines aussi variés que l'éducation, la santé, la construction de ponts, de routes, d'hôpitaux etc... 2. Le Khoms Khoms signifie le paiement de 20% de l'épargne annuelle, c'est-à-dire 20% de ce qui reste du revenu annuel total après déduction de toutes les dépenses de l'année. C'est un impôt islamique qu'on prélève dans le but de pourvoir aux besoins de la vie collective, tels que l'aide aux nécessiteux, l'éradication de la pauvreté, la propagation de l'Islam ainsi que tous autres besoins matériels et moraux de la société musulmane. Le Khoms est prélevé uniquement sur le surplus du revenu et non sur sa totalité. De là, ceux dont les dépenses sont supérieures ou égales à leurs revenus n'ont rien à payer à cet égard. Seulement ceux dont le revenu excède les dépenses doivent donc payer 20% du surplus au trésor public . L'argent ainsi recueilli atteint des sommes considérables et donne aux Musulmans la possibilité de résoudre beaucoup de leurs problèmes religieux, sociaux et économiques. Le Khoms n'est pas limité au revenu gagné dans les services, les affaires etc... Il est aussi prélevé sur ce qu'on obtient des mines, ce qu'on extrait de la mer par plongeon, et sur le trésor enfoui et non réclamé. Dans ces cas, il est prélevé sur le total du revenu, moins les dépenses de la production. L'argent collecté de cette façon doit être dépensé pour entretenir les savants religieux et les prédicateurs pour propager les croyances et l'idéologie islamique pour publier les livres de littérature islamique, pour la construction de masjids, de centres socio-religieux: d'orphelinats, d'écoles, d'hôpitaux et d'autres projets d'utilité publique(23). 3. La Charité Dépenser son argent pour plaire à Allah et implorer Ses Bénédictions s'appelle "Charité". L'Islam a attaché une grande importance à l'action donner l'aumône aux pauvres et aux nécessiteux. Il y a dans le Saint Coran beaucoup de versets sur ce sujet. En outre, l'Islam apprécie le geste de celui qui rend service volontairement et dépense son énergie pour le bienêtre des gens. La charité est l'un des facteurs qui aident à la dissolution équitable de la richesse et à l'éradication de la pauvreté. L'aumône peut être donnée à des individus ou dans des buts charitables. La distribution de l'aumône des institutions charitables dans le cadre de programmes bien étudiés et sous le contrôle de gens pieux est un bon moyen d'aider les pauvres.  

La dotation  

La création de dotations contribue à une répartition équitable de la richesse et à prévenir la concentration de celle-ci entre les mains de quelques individus. Il y a deux sortes de dotation, à savoir: 1- La dotation privée 2-La dotation publique Dans le cas des dotations privées, les bénéficiaires en sont seulement quelques individus ou une classe limitée, tels les enfants ou les descendants de celui ou ceux qui dotent. Dans le cas des dotations publiques qui sont de loin plus courantes, les biens légués sont transférés au public ou à une large classe de la société, et deviennent ainsi, une partie de la propriété publique. L'Islam a encouragé la création de dotations, et les Imams eux-mêmes en ont donné l'exemple. A travers les dotations une grande partie de la propriété privée est tournée vers la propriété publique, et devient donc disponible au service des masses. C'est en soi un grand pas vers une distribution juste et égalitaire de la richesse. Comment se produit la richesse Du point de vue islamique, la propriété réelle et absolue de toutes choses appartient à Allah seul. C'est Lui qui possède tout ce qui existe dans l'univers. Sa propriété est réelle et créative, parce qu'IL est le Créateur et le Pourvoyeur des moyens de subsistance de toute chose. Le Saint Coran dit: "Tout ce qui est dans les cieux et sur la terre Lui appartient!" (Sourate al-Baqarah; 2:255) De là, les autres ne peuvent devenir des propriétaires qu'avec Sa permission, et en accord avec Ses commandements. La propriété privée L'Islam respecte la propriété privée et considère que toute personne est le propriétaire du fruit de son travail. Il reconnaît le travail comme la base de la propriété. C'est là une loi naturelle qui a été appuyée et rendue effective par l'Islam. Chacun est le propriétaire de soi-même et de ses facultés mentales et physiques. Et étant donné que ses productions sont en réalité la cristallisation de ses facultés existantes, il est le propriétaire des produits de son travail. Reconstruction et acquisition Le Saint Prophète dit: "Celui qui rend cultivable une terre stérile, en devient le propriétaire." Acquérir des minéraux et d'autres ressources avant qu'aucune autre personne ne les découvre est un moyen d'appropriation.  

Selon la loi islamique, celui qui acquiert une chose en devient le propriétaire. Etant donné que la mise en valeur d'une terre stérile, et l'acquisition des ressources naturelles exigent un travail, il est clair que ce travail est le principal facteur de la création de la richesse. Bien entendu, un gouvernement qui suit les principes de l'Islam a le droit de mettre en valeur les terres arides et d'extraire les minéraux pour en consacrer les revenus au bénéfice du trésor public. L'Islam attache une grande importance aux droits des travailleurs. Selon le Hadith, ignorer les droits des travailleurs est un péché impardonnable. Un hadith célèbre nous apprend que le Saint Prophète a levé la main d'un travailleur qui avait gonflé à force de travail, et a dit: "C'est la main, qu'Allah et Son Prophète aiment. " La circulation de la richesse L'Islam a imposé des impôts spéciaux sur les fortunes stagnantes qui ne sont pas en circulation (tels que la Zakât des pièces d'or et d'argent après l'achèvement d'un an), et il a ainsi fait un pas pratique pour encourager la circulation de la richesse. Le Saint Coran a condamné les thésauriseurs et ceux qui gèlent leur fortune et ne l'utilisent pas au bénéfice des gens. De plus, il y a les traditions du Saint Prophète, qui incitent au commerce, à l'agriculture, l'élevage du bétail, l'installation d'industrie. Dans les recueils authentiques de Hadith, il y a de nombreux dires qui montrent clairement que l'Islam vise à mobiliser au maximum toutes les ressources humaines et financières au profit du peuple en général. L'usure comme une grande malédiction L'Islam veut promouvoir la production. Il a strictement prohibé l'usure afin que personne ne puisse vivre de l'intérêt sans faire aucun travail productif. L'usure dérange l'équilibre de la richesse et élargit le fossé entre les riches et les pauvres. Il rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. L'Islam dit que l'usure est un péché mortel, et que personne ne peut devenir le propriétaire de l'argent gagné par cette pratique. Cet argent doit donc être restitué à son propriétaire légitime. Les affaires fondées sur l'intérêt sont de deux sortes, et toutes les deux sont illégales en Islam. 1- Le prêt usuraire 2. Le commerce usuraire Prêter l'argent à condition qu'il soit rendu par la suite avec une somme supplémentaire s'appelle usure. Il importe peu ici que le taux d'intérêt soit grand ou petit ou qu'il soit payé en espèces ou en nature. Mais rien n'empêche le débiteur d'offrir quelque chose de plus selon son bon vouloir au prêteur, sans aucune condition préalable.  

Le commerce usuraire consiste à vendre une chose en échange d'une autre de même nature, mais avec une différence dans la quantité. Par exemple, le fait de vendre 10 kilogrammes de blé de qualité moyenne contre 12 kilogrammes de blé de qualité moyenne constitue une usure. Les conditions détaillées de tels marchés sont mentionnées dans les livres de jurisprudence islamique. Les prêts sans intérêt L'Islam exhorte les gens à accorder le plus possible des prêts sans intérêt. Selon certaines Traditions la récompense d'un tel acte vertueux sera supérieure à celle d'une aumône. La raison en est probablement que beaucoup de ceux qui cherchent des prêts sont des gens imprégnés d'amour-propre qui n'accepteraient pas une aide gratuite ou une aumône même s'ils se trouvaient dans un état de nécessité impérieuse, alors que les gens qui acceptent les aumônes, n'ont pas de tels scrupules. Pour cette raison, accorder des prêts exempts d'intérêt est considéré comme un acte des plus méritoires. En même temps, l'Islam permet aux prêteurs d'exiger de l'emprunteur de déposer chez eux une caution adéquate, couvrant la valeur du prêt. Au cas où le débiteur manque de rembourser le prêt, le prêteur est en droit de prélever une somme égale au prêt sur la caution et de restituer le reste à son propriétaire. Accorder un prêt sans intérêt contribue à cultiver le sens de l'amour et de l'amitié et à effacer les complexes qui existent souvent entre les personnes de bas et de hauts revenus. C'est le plus simple service que les gens aisés puissent rendre aux personnes moins favorisées. Le Jihâd et la défense en Islam La question du jihâd occupe une place particulière dans la loi musulmane. En fait, un système progressiste et cohérent ne peut pas être complet sans une telle clause. En raison d'une mauvaise interprétation faite par des gens peu instruits, l'inclusion de la question du jihâd dans les enseignements islamiques a donné lieu à une propagande hostile très poussée, au point que les ennemis ont commencé à dire que l'Islam est la religion du sabre et de la force. Ainsi, dans son encyclopédie, Mc Donald affirme que "La propagation de l'Islam par le sabre et la force est l'un des devoirs de chaque Musulman." Mais, lorsque la nature et le but du jihâd deviennent clairs, non seulement la fausseté de tels griefs devient évidente, mais la profondeur, la pureté et le dynamisme des enseignements islamiques et leur capacité de servir la société humaine dans des circonstances variées ne souffrent plus aucun doute. Pour prouver cette vérité, nous attirons l'attention des lecteurs sur les points suivants: L'esprit de pacifisme ne s'oppose pas à la volonté de combattre dans des guerres imposées: Le jihad signifie littéralement effort et lutte. Dans son sens le plus large, ce mot a été employé pour toutes sortes d'efforts intellectuel, financier et moral en vue de la promotion des objectifs divins et humains.  

Mais dans la terminologie de la jurisprudence islamique, il signifie une lutte armée pour protéger le progrès du système islamique. Maintenant voyons comment de telles luttes deviennent inévitables. Le combat contre les mécréants qui considèrent le Message de l'Islam comme une menace pour leurs intérêts et se résolvent à l'anéantir, est inévitable. Aussi longtemps que de tels éléments existeront dans le monde les partisans de la Vérité et de la Justice n'ont d'autre alternative que la défense de leurs objectifs et de leur propre existence. En réalité, la guerre dans pareil cas est imposée à ceux qui croient en Allah et à la justice, et ils la font contre leur volonté. L'Islam ne peut pas éviter de telles situations. Néanmoins, l'esprit pacifique de l'Islam et son abstention de recourir à la force lorsqu'il a affaire à des gens qui ne pratiquent pas l'agression, la belligérance et l'injustice sont évidents dans tous les passages du Saint Coran: "Allah ne vous interdit pas d'être bons et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus à cause de votre Foi et qui ne vous ont pas expulsés de vos maisons; Allah aime ceux qui sont équitables. Allah vous interdit seulement de vous lier d'amitié avec ceux qui vous combattent à cause de votre Foi; ceux qui vous expulsent de vos maisons et ceux qui participent à votre expulsion. Ceux qui se lient d'amitié avec eux, sont sûrement injustes." (Sourate al-Momtahinah, 60: 8-9) Ailleurs, le Saint Coran dit expressément que si l'ennemi dépose les armes et montre ses intentions pacifiques, les Musulmans n'ont pas le droit d'être hostiles à son égard: "S'ils se tiennent à l'écart, s'ils ne combattent pas contre vous, s'ils vous offrent la paix, dans ce cas, Allah ne vous donne plus aucune raison de lutter contre eux." (Sourate al-Nisâ', 4:90) Dans un autre verset adressé au Saint Prophète, le Coran dit : "S'ils inclinent à la paix, fais de même." (Sourate al-Anfâl, 8:61) Peut-être aucune autre religion n'a-t-elle exprimé cette disposition pacifiste en des termes aussi clairs. Mais le pacifisme de l'Islam ne doit pas être interprété comme un refus des Musulmans d'entreprendre une action contre ceux qui obligent une grande partie des peuples du monde à vivre dans des conditions coloniales ou dans un état d'idolâtrie, ni comme une acceptation de leur part de rester les bras croisés devant une telle injustice. Le Jihâd dans le chemin d'Allah et ses buts: Dans les livres islamiques, le mot jihâd est associé le plus souvent à la phrase "sur le chemin d'Allah." Cela signifie que le jihâd ne peut pas être décrété par un simple désir bas en vue de réaliser une expansion territoriale ou obtenir des butins de guerre, ni dans des buts impérialistes. Le but du jihâd doit être toujours divin et sans aucune motivation personnelle, matérielle ou cachée. En somme, les buts du jihâd peuvent être résumés dans les quelques points suivants à travers lesquels nous allons également essayer de réfuter les objections des détracteurs de I'Islam.  

Pour la défense de l'Islam: Le but le plus important du jihâd est la défense de la Vérité et la Justice divines ainsi que la défense de l'Islam. A l'époque du Saint-Prophète, la plupart des batailles ont été livrées pour cette même raison. Le Saint Coran dit expressément: "Toute autorisation de se défendre est donnée à ceux qui ont été attaqués parce qu'ils ont été injustement opprimés. Allah est Puissant pour donner la victoire à ceux qui ont été chassés injustement de leurs maisons pour avoir dit seulement "Notre Seigneur est Allah". Si Allah n'avait pas repoussé certains hommes par d'autres, des ermitages auraient été démolis, ainsi que des synagogues, des oratoires et des mosquées où Allah est très souvent adoré." (Sourate al-Hajj, 22:3) Donc chaque fois que la souveraineté nationale de l'Islam, son indépendance et son intégrité sont menacées, il est du devoir des Musulmans de se dresser pour se défendre jusqu'au bout. Il est intéressant de remarquer que dans les versets ci-dessus la défense de tous les lieux de cultes revêt la même importance, ce qui constitue un autre signe de la tolérance de l'Islam. En tout cas, il est à noter que l'Islam ne se montre pas tolérant envers l'adoration des idoles et qu'il ne reconnaît ni l'idolâtrie comme une religion, ni les temples des idolâtres comme des lieux de culte. Il considère l'idolâtrie comme une sorte de superstition, de fausseté, de décadence intellectuelle, et de maladie qui doit être soignée. C'est pour cette raison que l'Islam a autorisé la destruction des temples des idolâtres. Combattre les ennemis: Un système céleste a, tout comme une nouvelle idéologie, le droit de jouir de la liberté de propagation d'avoir la possibilité de se répandre normalement par le prêche. Si certains éléments, tels les idolâtres, sentant leurs intérêts illégaux menacés, s'opposent audit système et tentent de laisser les gens dans l'ignorance, et qu'il n'y a aucune possibilité de trouver une solution pacifique à cette situation, l'Islam autorise le combat contre ces éléments. Certaines des premières batailles de l'Islam étaient de cette nature, à laquelle les versets coraniques précités font allusion. La liberté de prêcher et de répandre la croyance vraie est un autre objectif du jihâd. Combattre l'injustice et la corruption: L'Islam autorise le jihâd en raison de son opposition intransigeante à l'injustice et à la tyrannie ainsi que pour sauver les faibles et les gens sans secours des griffes des tyrans, comme les usuriers de la Mecque. Quelques-unes des premières batailles de l'Islam s'inscrivent dans cette orientation du jihâd. En effet le Coran dit: "Pourquoi ne combattez-vous pas dans le chemin d'Allah, alors que les plus faibles parmi les hommes, les femmes et les enfants disent: "Notre Seigneur! Fais-nous sortir de cette cité dont les habitants sont injustes. Donne-nous un protecteur de Ta part et envoie quelqu'un qui nous aidera." (Sourate al-Nisâ, 4:75) Être préparé au Jihâd: Tant que la force brutale reste le facteur dominant dans les relations internationales, et que la possibilité de la société musulmane soumise à une agression existe, l'Islam demande aux Musulmans de se tenir en état de préparation complète au jihâd, afin d'être capables de se défendre. Le Saint Coran a donné des instructions claires à cet égard, et il a exprimé dans un court verset tout ce qui est requis à cet effet. Il dit: "Mobilisez forces (défensives) autant que vous pouvez" (Sourate al-Anfâl, 8:60) Bien que les dépenses pour l'armement soient considérées comme improductives et peu désirables, l'Islam ne s'est pas contenté de les estimer essentielles en cas de nécessité, mais il les a appelées le jihâd financier(24). En tout cas, il n'est pas possible d'arrêter une agression et une guerre par un simple renforcement des forces défensives et l'acquisition d'armements. Bien que ces mesures soient nécessaires, elles peuvent parfois augmenter le risque de déclencher une guerre. C'est pourquoi, l'Islam suggère que le meilleur moyen d'assurer une paix permanente est la consolidation de la Foi et de la moralité. Le Coran dit à ce propos: "O vous qui croyez! Soumettez-vous tous à la Volonté d'Allah." (Sourate al-Baqarah, 2:208) Cela signifie que le seul moyen de jouir de la paix et de la sécurité, c'est que tout entre dans le domaine de la foi, de la vertu et de la soumission à Allah. C'est à cette condition que chacun regarde les autres comme des frères, les respecte et croit qu'ils sont tous les serviteurs d'Allah et aimés par Lui. Donc chacun doit voir les intérêts des autres comme s'ils étaient les siens propres. Chacun doit aimer pour les autres ce qu'il aime pour soi-même et détester pour les autres ce qu'il déteste soimême. C'est là que la tolérance et le sacrifice dans le chemin d'Allah et pour l'amour d'Allah sont considérés comme les qualités humaines les plus distinguées et les plus saillantes. L'observance des règles humaines dans notre conduite avec l'ennemi: Alors que beaucoup de gens pensent que le mot même "ennemi" suffit pour justifier toutes sortes de violences excessives et tout traitement inhumain, l'Islam, par sa compréhension, sa magnanimité et ses enseignements efficaces, exige sans équivoque que lors d'un conflit avec l'ennemi, on ne dépasse pas le cadre des règles de la morale humaine, car toute violation de ces règles équivaudrait au dépassement des limites fixées par Allah. Les instructions précises suivantes que le Saint Prophète avait l'habitude de donner aux soldats et aux mujâhid avant qu'ils s'engagent sur-le-champ de bataille montrent clairement les dispositions pacifiques de l'Islam et la profonde perspicacité du Prophète: "Marchez au nom d'Allah et demandez Son aide. Combattez pour Sa cause et en accord avec Ses Commandements. Ne pratiquez pas la duperie et la supercherie. Ne vous appropriez pas les butins de guerre. Ne mutilez pas le corps de l'ennemi après sa mort. Ne faites pas de mal aux femmes, aux enfants et aux personnes âgées. Ne touchez pas aux moines et ermites vivant dans les monastères et les cavernes. Ne coupez pas les arbres sans raison. Ne brûlez pas les plantations de palmiers de l'ennemi ni ne les inondez d'eau. Ne détruisez pas les arbres fruitiers et ne mettez pas le feu aux cadavres de l'ennemi. Ne tuez pas les animaux utiles sauf pour votre nourriture. 

N'empoisonnez pas l'eau de l'ennemi. Ne vous adonnez pas à la tricherie ni ne lancez des attaques surprises de nuit." L'Islam interdit toutes sortes de moyens inhumains de combat, tels que l'assaut de nuit, la guerre biologique le brûlage du bétail, des corps et des jardins, l'assassinat et l'agression des personnes non armées. Dans les règlements prescrits des batailles islamiques, il est interdit de tirer le premier et d'être le premier à donner l'assaut. Cela signifie que les Musulmans ne doivent pas attaquer sans être attaqués. Leur guerre doit être défensive et non pas offensive. Nous remarquons que l'Imam Ali, le Commandeur des croyants avait l'habitude de donner des instructions et de déployer des efforts pour que le combat ne commence pas avant midi, et si possible, qu'il soit reporté jusqu'à tard dans l'après-midi, afin que le temps qui sépare le jour de la tombée de la nuit soit bref, ce qui réduirait au minimum l'effusion de sang. Les instructions données par l'Imam en ce qui concerne le bon traitement réservé aux prisonniers de guerre, constituent une autre preuve de la nécessité d'observer les règles humaines et morales même pendant la guerre. Les prisonniers de guerre doivent être traités avec bonté' et recevoir la même qualité de nourriture et de boisson que les Musulmans. Le code pénal musulman Il est vrai que le maintien et l'existence de l'esprit vital de la Foi et de la moralité humaines préviennent beaucoup de vices excessifs. Toutefois l'établissement et la consolidation de la justice sociale n'est pas possible sans une institution judiciaire solide. Dans chaque société, il existe des scélérats et des gens indisciplinés, dont la noirceur d'esprit ne saurait être effacée uniquement par la lumière de la Foi et de la morale. Ils ne peuvent être neutralisés sans l'existence d'une institution judiciaire forte et appropriée. C'est pourquoi, afin de renforcer son programme de justice sociale, l'Islam ne s'est pas limité aux conseils moraux et à l'entraînement spirituel, mais il s'est donné une base judiciaire solide afin d'enraciner ses enseignements. Le système juridique islamique Il y a deux points des plus importants parmi les qualités requises pour un juriste musulman: 1. Il doit connaître parfaitement tous les détails de la jurisprudence (fiqh). 2. Il doit être intègre et avoir le sens de la justice, de la vertu et l'honnêteté. Comme on le fait pour les parties en procès dans le palais de justice, l'Islam ordonne au juriste (Qâdhi) de traiter les deux parties avec égalité. Le magistrat doit observer une impartialité totale même dans des actes de courtoisie ordinaires, tels que sa façon de les saluer, de les regarder et de les faire s'asseoir et se lever. Il ne faut pas qu'il y ait une discrimination entre les plaideurs en raison de leur statut social.  

Les Imams ont décrit la fonction de magistrat comme étant d'une grande importance et comme une grande responsabilité, encore qu'elle implique en même temps attention et circonspection. Même la moindre erreur de sa part suffit à dégrader sa position. Le Prophète de l'Islam a dit que la langue du magistrat est entre deux flammes. Cela signifie que s'il montre le moindre parti pris envers l'un ou l'autre des plaideurs, il sera brûlé. En Islam, accepter le pot-de-vin, notamment pour détourner un jugement en faveur du corrupteur, est un péché mortel. Le Prophète a dit: "Ceux qui offrent un pot-de-vin, ceux qui l'acceptent et ceux qui servent d'intermédiaire entre les deux parties iront tous en Enfer." Le système juridique islamique est très compact et impeccable. Il occupe aujourd'hui une position particulière parmi les systèmes juridiques du monde (voir: Philosophie de l'Islam", S.I.P. 1990). Il existe dans les livres de "jurisprudence islamique" un chapitre spécial sur la judicature, traitant de toutes les disciplines et de tous les détails de l'administration de la justice, et décrivant les qualifications du juste, les qualifications du témoin, la façon de mener un procès, les arguments que les plaideurs peuvent avancer en leur faveur etc... Les instructions que l'Imam Ali a données à Mâlik al-Achtar, Gouverneur d'Egypte, jettent une grande lumière sur les points précités et montrent l'importance que l'Islam attache à cette haute fonction de magistrat. Cette lettre contenant lesdites instructions est pleinement élucidée dans ce livre. Le droit criminel en Islam Le châtiment infligé aux criminels ne doit pas seulement être juste, mais aussi dissuasif. En même temps, il doit y avoir une possibilité de réduire la punition en cas de repentance et lorsqu'il s'agit de quelqu'un qui a commis un crime par ignorance ou manque d'expérience. Les peines prescrites en Islam satisfont à ces trois aspects. Par exemple, dans le cas d'un meurtre délibéré, la peine prescrite est la peine de mort. Le Noble Coran dit à cet effet: "O vous les hommes doués d'intelligence! La peine de mort, comme talion, met votre vie en sûreté." (Sourate al-Baqarah, 2:179) Mais en même temps, le Saint Coran permet aux héritiers de la personne assassinée de pardonner à l'assassin et d'accepter qu'il paie le prix du sang (diyyah) De même, dans le cas de certains crimes contre la chasteté, si l'offenseur se repent sincèrement avant d'être condamné par un tribunal, et qu'il accepte de dédommager la victime, il peut être pardonné. Selon les enseignements islamiques, le meilleur moyen d'éliminer les crimes est de concentrer les efforts sur l'éducation morale afin que les gens puissent être toujours conscients de la récompense et des rétributions du Jour de la Résurrection.  

Mais, si en dépit de tels efforts, un crime est commis, on doit alors sévir durement. L'Islam est contre ceux qui succombent aux fausses émotions et hésitent à accepter la justification de la peine de mort dans le cas d'un meurtre prémédité ou d'autres châtiments concernant d'autres transgressions. De telles personnes préfèrent les intérêts des criminels aux intérêts de la société. L'expérience montre que l'indulgence envers des criminels endurcis contribue à répandre la corruption et ce, au détriment du bien-être de la société. D'aucuns pourraient critiquer certaines parties de la loi criminelle islamique et les considérer indûment sévères, mais en fait, leur supputation est fausse. Une action sévère est exercée seulement dans les cas des crimes les plus graves et uniquement lorsque la sécurité morale et sociale de la société est en danger. De tels cas se trouvent également dans d'autres systèmes. Tout ce qu'on peut dire à cet égard est que certaines sociétés pourraient ne pas considérer l'éradication des perversions sexuelles comme vitale, alors que l'Islam avec sa subtile perspicacité, y attache la plus grande importance. Bien que certaines mesures répressives prescrites par l'Islam semblent très sévères, en réalité, elles visent beaucoup plus à prévenir qu'à punir car la preuve de certains crimes est si difficile à établir qu'il est pratiquement impossible de prononcer plus d'une ou de deux condamnations par an. La nature dissuasive de ces châtiments produit un bon effet moral et terrifie les transgresseurs. Cependant les peines de ce genre sont prononcées uniquement contre un nombre insignifiant de personnes. Il faut bien comprendre que cette loi islamique et ces enseignements islamiques qui visent à protéger les droits humains et à prévenir la corruption ne peuvent être efficaces que s'ils sont mis en vigueur simultanément. Tout d'abord, il faut créer une atmosphère dans laquelle prévalent les enseignements islamiques concernant l'éducation morale et sociale. Dans une telle atmosphère, les crimes seront très réduits, et conséquemment, il y aura moins d'occasions d'infliger des peines. Comme on le sait, la plupart des crimes résultent d'une éducation incorrecte et de différentes privations matérielles et morales. Avec l'élimination de tels facteurs, les cas de crimes se réduiront au minimum. Par conséquent, le nombre des criminels ira progressivement diminuant, et en même temps, les gens qui font des observations sévères sur la dureté des peines infligées à un grand nombre de délinquants feront moins de critiques passionnelles. Évidemment, cela ne signifie par que si dans certaines conditions le programme d'éducation morale et d'éradication de la pauvreté n'est pas suivi scrupuleusement, les autres lois et commandements islamiques doivent être également ignorés. Ce que nous voulons dire par l'application simultanée de tous les enseignements et lois islamiques, c'est que tous les articles du programme islamique sont corrélatifs, et que s'ils sont appliqués simultanément, ils produiront les meilleurs résultats.  




L'ADMINISTRATION EN ISLAM

 Voici les instructions que l'Imam Ali a adressées sous forme de lettre, à Mâlik al-Achtar après l'avoir nommé Gouverneur d'Egypte en l'an 657 après Jésus-Christ L'idée centrale qui se dégage de ces instructions est, tout comme un seul fil dont est tissé un vêtement, la soumission à Allah. La souveraineté est à Allah, les gouvernants et les gouvernés en sont tous les serviteurs Cette lettre traite des principes cardinaux de l'administration, tels qu'ils sont enseignés dans le Saint Coran. C'est un code qui nous indique comment établir un gouvernement bon et bienveillant, qui dénote la justice et la magnanimité. C'est la constitution d'un gouvernement fondé sur des principes moraux et sur la bonté. C'est le code d'un gouvernement sous lequel les sujets sont gouvernés sans distinction de leur classe, de leur croyance et de leur couleur, la pauvreté n'est ni une flétrissure ni une disqualification, la justice n'autorise ni le népotisme ni le favoritisme ni le provincialisme ni le fanatisme religieux. Cette lettre est un coup de maître d'une politique des plus hautes valeurs morales:  

La Lettre de l'Imam Ali à au Gouverneur d'Égypte, Mâlik al-Achtar:

 "Au nom d'Allah, le Clément, le Miséricordieux" «

 Sache, Mâlik, que je t'envoie comme gouverneur à un pays qui a connu dans le passé des gouvernements justes et injustes. Les gens vont t'observer comme tu observais les gouverneurs qui t'ont précédé. Ils parlent de toi comme tu parlais d'eux. Ce sont eux qui fournissent la preuve de tes actions. Que ton trésor préféré soit donc le trésor de bonnes actions. Contrôle tes désirs et abstiens-toi de ce contre quoi tu as été servi. C'est seulement par une telle abstinence que tu pourras distinguer le bien du mal. Développe dans ton coeur le sentiment d'amour pour ton peuple, et fais-en la source de bonté et de bénédiction pour lui. Ne te comporte pas en barbare envers tes citoyens et ne t'approprie pas ce qui leur appartient. Rappelle-toi que les citoyens d'un Etat sont de deux catégories. Ils sont soit tes frères en religion, soit tes semblables en genre. Ils sont susceptibles de commettre des erreurs, et sujets aux maladies. D'aucuns commettent effectivement des erreurs; pardonne-leur comme tu aimerais qu'Allah te pardonne. N'oublie pas que tu es placé au-dessus d'eux, tout juste comme je suis placé au-dessus de toi. Et puis c'est Allah Lui-même qui est au-dessus de celui qui t'a nommé Gouverneur. IL t'a confié cette position afin que tu te montres capable de te charger d'eux. Rappelle-toi! Tu seras jugé sur ce que tu auras fait pour eux. Ne leur dis pas: "Je suis votre suzerain et votre dictateur. Vous devez donc vous plier à mes ordres", car cela corromprait ton coeur, affaiblirait ta foi en la religion et susciterait des désordres dans l'Etat. Si le pouvoir engendre en toi le moindre sentiment d'orgueil et d'arrogance, considère alors le pouvoir et la majesté du Royaume Divin qui gouverne l'univers et sur lequel tu n'as pas le moindre contrôle. Cela restituera à ta raison fantasque le sens de la mesure et te rendra calme et affable. Garde-toi de te mettre à l'encontre de la majesté et de la grandeur d'Allah, et n'imite jamais Son Omnipotence, car Allah rabaisse tout rebelle contre Lui, et quiconque se montre cruel envers les hommes. Sois respectueux, dans tes actions, des droits d'Allah et de ceux des hommes, et en même temps, persuade tes compagnons et tes proches de faire de même. Autrement, tu auras fait injustice à toi-même et à l'humanité. Et alors aussi bien Allah que les hommes deviendront tes ennemis. II n'y a de salut nulle part pour un homme qui se rend ennemi d'Allah. Il sera considéré comme quelqu'un qui est en guerre avec Allah jusqu'à ce qu'il se repente et demande pardon. Rien ne prive l'homme des bénédictions d'Allah, ni n'attire Son courroux contre Lui, autant que l'oppression. Donc, c'est pour cette raison qu'Allah prête oreille aux opprimés et qu'IL traite les oppresseurs sévèrement. Le commun des mortels Observe la justice dans l'administration et impose-la à toi-même. Cherche à satisfaire le peuple, car le mécontentement des masses peut stériliser le mécontentement de la minorité des privilégiés, et le mécontentement de la minorité se dissout dans le contentement de la majorité. Rappelle-toi que la minorité des privilégiés ne se joindront pas à toi aux moments difficiles. Ils tenteront de détourner la justice, demanderont plus qu'ils ne méritent et ne montreront aucune gratitude pour les faveurs dont ils auront bénéficié. Ils se montreront rétifs dans l'épreuve et les tribulations, et ils n'éprouveront aucun regret pour leurs défauts. C'est le commun des mortels qui combat l'ennemi. Donc maintiens des contacts intimes avec les masses et sois attentif à leur bien-être. Repousse celui qui met en évidence les faiblesses des autres, Car, après tout, les masses ne sont pas exemptes de faiblesses. II est du devoir du gouvernant de les protéger. Ne mets pas en lumière ce qui est caché, mais essaie d'effacer les faiblesses qui ont été mises sous les projecteurs. Allah voit toutes choses que tu ne vois pas, et Lui seul, s'en occupera. Fais de ton mieux pour couvrir les défauts du peuple afin qu'Allah couvre les tiens que tu aimerais cacher aux yeux des gens. Débarrasse-toi de tout sentiment d'inimitié entre eux. Mets-toi à l'abri de toute action qui ne soit pas digne de toi. Ne t'empresse pas de croire les calomnies, car les calomniateurs sont des fourbes sous l'apparence d'amis. Les Conseillers Ne prends jamais pour conseiller un avare, car il te détournerait de la magnanimité et te ferait craindre la pauvreté. Ne demande pas conseil à un lâche, non plus car il ébranlerait ta résolution, ni à un homme cupide car il t'inciterait à devenir tyran En effet, I'avarice, la lâcheté et la cupidité font perdre à l'homme sa confiance en Allah. Le pire conseiller est celui qui a servi de conseiller à des gouvernants injustes et qui a partagé leurs crimes. Ainsi, ne laisse jamais des personnes ayant été les compagnons de tyrans ou ayant partagé leurs crimes, devenir tes conseillers. Tu peux faire appel à des personnes bien meilleures que cela. Tu peux avoir des hommes doués d'intelligence et de prévoyance sans être contaminés par le péché; des hommes qui n'ont jamais assisté un tyran dans sa tyrannie, ni un criminel dans son crime. De tels hommes ne seront jamais une charge pour toi. Bien plus, ils seront une source d'aide et de force pour toi, à tout moment. Ils seront des amis pour toi et des étrangers pour tes ennemis. Choisis de tels hommes pour te tenir compagnie aussi bien en privé qu'en public. Même parmi ceux-ci donne la préférence à celui qui a tendance à te dire tes vérités, même les plus amères, et à celui qui ne t'encourage pas à avoir des penchants qu'Allah n'aime pas que Ses amis développent chez eux. Attache-toi à des personnes droites et pieuses et fais-leur comprendre clairement qu'elles ne doivent jamais chercher à te flatter ni à te créditer d'une bonne action que tu n'aies jamais faite, car la tolérance de la flatterie et le faux compliment stimulent la fierté chez l'homme et le rendent arrogant. Ne traite pas de la même façon le bienfaiteur et le malfaiteur, car cela découragerait le premier, et encouragerait le second à persister dans le mal. Traite chacun d'eux selon ses mérites. Sache que la confiance et la bienveillance mutuelles entre le gouvernant et les gouvernés ne peuvent avoir lieu qu'à travers la bonne volonté, la justice et le service rendu. Cultive donc la bienveillance chez les gens, car seule la bienveillance te sauvera des troubles. Ta bonne volonté à leur égard sera payée en retour par leur confiance en toi, et le mauvais traitement, par leur mauvaise volonté. Ne méconnais pas les nobles traditions des premiers membres de cette communauté, traditions qui ont apporté l'harmonie et le progrès aux gens, et n'entreprends rien qui puisse diminuer leur utilité. Les hommes, qui avaient établi ces bonnes traditions ont eu leur récompense, quant à toi, tu seras responsable, si elles sont abandonnées. Essaie toujours de tirer quelque chose de l'expérience des gens instruits et sages, et de les consulter, en ce qui concerne les affaires d'Etat, cela t'aidera à maintenir la paix et la bonne volonté que tes prédécesseurs ont établies sur terre. Les différentes classes sociales Rappelle-toi que le peuple est composé de différentes classes. Le progrès des unes dépend de celui des autres et aucune d'elles ne peut prétendre être indépendante des autres. Nous avons une armée formée de soldats d'Allah. Nous avons nos officiers civils avec leurs établissements, notre judicature, nos percepteurs et nos officiers de relations publiques. Le public lui-même" est composé de Musulmans et de Thimmî, et parmi eux, il y a des commerçants, des artisans, des gens sans emploi, des indigents. Allah a prescrit pour eux des droits, des obligations et des devoirs personnels qui sont mentionnés dans le Saint Coran et dans les Hadith du Saint Prophète.  

L'armée, par la grâce d'Allah, est comme une forteresse pour le peuple et elle assure la dignité de 1'État. Elle préserve le prestige de la Foi et maintient la paix du pays. Sans elle, I'Etat ne peut se maintenir. Et réciproquement, elle ne peut se tenir sans l'appui de l'Etat. Nos soldats ont prouvé qu'ils sont les plus forts face à l'ennemi, grâce au privilège qu'Allah leur a accordé de combattre pour Lui, mais cela ne les empêche pas d'avoir besoins matériels pour mener à bien leur tâche, ce z les fait dépendre des revenus de l'Etat. Quant aux militaires et à la population civile qui paient des impôts, ils ont besoin de la coopération des autres : la judicature, les officiers civils et leurs administrations. Les juriste appliquent la loi civile et criminelle, les officiers civils collectent les revenus et s'occupent de l'administration civile avec l'aide de leurs établissements. Et puis, il y a les marchands et les commerçants qui contribuent à renflouer les caisses de l'Etat. Ce sont eux qui parcourent les marchés et qui sont les mieux placés pour s'acquitter des obligations sociales. II y a aussi la classe des pauvres et des nécessiteux qui doivent être pris en charge par les autres classes. Allah a donné une occasion appropriée aux uns et aux autres de rendre service. Puis toutes ces classes ont des droits sur l'administration. L'administrateur doit donc y faire face. II doit veiller au bien de toute la population, tâche dont il ne pourrait pas s'acquitter convenablement sans porter un intérêt personnel à son exécution et sans implorer l'aide d'Allah. En effet, il lui est indispensable de s'imposer ce devoir et de supporter avec patience les difficultés et les inconvénients qui surgissent devant lui accidentellement. L'armée Sois particulièrement attentif au bien-être de ceux dans l'armée, qui sont, à ton avis, sincèrement attachés à Allah et au Saint Prophète, loyaux envers leurs chefs et , aux moments passionnels, sauraient se retenir et écouter de sang froid des remontrances sensibles, ainsi que ceux qui sont capables de secourir les faibles et de s'opposer aux oppresseurs puissants, et ceux qui ne se laissent pas entraîner par un tempérament violent lorsqu'ils sont soumis à une provocation violente, et qui ne chancellent dans aucune circonstance. Etablis des contacts intimes avec des familiers de bonne réputation, intègres et d'un passé glorieux, et attire vers toi des hommes braves, de bon caractère, généreux et d'une disposition bienveillante, car telle est l'élite de la société. Prends soin d'eux avec la même tendresse que tu montres pour tes propres enfants. Ne leur rappelle aucune faveur que tu leur aurais faite, et ne sous-estime aucune marque d'affection qu'ils te montreraient en retour. Une telle conduite dénote la loyauté, la dévotion et la bienveillance. Sois attentif à leurs soucis les plus insignifiants et ne te contente pas seulement de l'aide générale que tu leur aurais apportée, car parfois une attention opportune à l'un de leurs petits soucis leur apporte un immense soulagement. De cette façon, ces gens-là ne t'oublieront pas au moment du besoin. II t'appartient de choisir pour le commandement de tes troupes quelqu'un qui s'impose comme devoir la tâche d'aider les hommes qu'il commande et de veiller sur leurs familles lorsqu'ils se trouvent loin de chez eux, ce qui permettrait à toute l'armée de se sentir unie dans la joie et dans le malheur. Cette unité de destin apporte aux combattants une force supplémentaire face à l'ennemi. Continue d'avoir une attitude aimable envers eux afin qu'ils se sentent toujours attachés à toi. La réalité est que le vrai bonheur d'un gouverneur réside dans l'établissement de la justice dans l'Etat et le. maintien des relations affectueuses avec les gens. La sincérité de leurs sentiments est exprimée par l'amour et le respect qu'ils te montrent, et c'est de ces sentiments que dépend le salut de l'administration. Tes conseils pour l'armée seraient sans effet, à moins que et jusqu'à ce que tu te montres affectueux aussi bien envers les soldats qu'envers les officiers, ce qui les empêcherait de considérer le gouvernement comme un fardeau oppressif ou de contribuer à sa chute. Continue de satisfaire leurs besoins et complimente-les de plus en plus pour les services qu'ils ont rendus. Une telle attitude, s'il plaît à Allah, encourage les braves et incite les timides aux actes de bravoure. N'attribue pas à un autre l'erreur de quelqu'un, et ne sois pas avare de compliments pour les prouesses accomplies. Veille à ne pas accorder de faveurs imméritées à quelqu'un en raison de sa position familiale et à ne pas priver de récompense quelqu'un qui accomplit des exploits, mais qui appartient à une famille modeste. La vraie guidance Renvoie devant Allah et devant Son Prophète les affaires qui te paraissent équivoques, car Allah a dit aux gens qu'IL veut bien diriger: "O vous qui croyez ! Obéissez à Allah, Obéissez à Son Prophète et obéissez à ceux parmi vous qui détiennent l'autorité. Portez vos différends devant Allah et devant Son Prophète." (Sourate Al-Nisâ', 4: 59). Se référer à Allah signifie en réalité consulter le Livre d'Allah, et se référer au Prophète, c'est suivre ses traditions universellement admises. Le juge principal Choisis comme juge, parmi tes sujets, quelqu'un qui est de loin le meilleur d'entre eux, qui n'est pas obsédé par ses problèmes familiaux, qui ne cède pas à l'intimidation, qui ne se trompe pas souvent, qui ne dévie pas du droit chemin une fois qu'il y est engagé, qui n'est ni égocentrique, ni avare, qui ne décide pas avant d'avoir connu pleinement les faits qui pèse le moindre doute soigneusement et qui prononce un verdict clair après avoir pris en considération tous les détails de l'affaire, qui ne refuse pas d'écouter les arguments des avocats, qui examine avec patience tout nouvel exposé des fan's, qui reste strictement impartial dans sa décision, qui ne se laisse pas étourdir par la flatterie... Mais il n'est pas aisé de trouver un tel homme. Une fois que tu auras choisi un homme droit pour cette fonction, rétribue-le généreusement, de telle sorte qu'il ait tout ce qui lui est nécessaire et qu'il soit à l'abri des tentations. Réserve-lui auprès de toi une position si haute que personne n'ose la convoiter, et si élevée qu'aucune médisance ni aucune intrigue ne puissent l'atteindre. La judicature subalterne Sois prudent ! Le plus grand soin doit être pris dans le choix du Juge Principal, car c'est une haute fonction que les égoïstes aventureux aspirent à soumettre à leurs intérêts personnels. 

Après la désignation du Juge Principal, fais attention au choix d'autres fonctionnaires. Nommeles après les avoir mis à l'épreuve. Ni les relations personnelles ni l'influence ne doivent intervenir dans ton choix de fonctionnaires devant occuper des postes de responsabilité, autrement cela pourrait conduire à l'injustice et à la corruption. Parmi ces fonctionnaires, choisis pour les hautes fonctions des hommes d'expérience ayant une foi ferme et appartenant à de bonnes familles. De tels hommes ne tomberont pas facilement en proie à la tentation et ils s'acquitteront de leurs devoirs en proie au bon service des autres. Augmente leurs traitements afin qu'ils mènent une vie satisfaisante, laquelle aide à se purifier. Ce faisant, ils n'éprouveront pas le besoin de couvrir leurs propres dépenses. Et puis, ils n'auront plus aucune excuse d'aller à l'encontre de tes instructions ou de détourner les Fonds de l'Etat. Surveille-les à leur insu. Il est possible qu'ils développent en eux une véritable honnêteté et un réel intérêt pour le bien public. Mais si l'un d'entre eux est accusé de malhonnêteté et que sa culpabilité soit établie par les rapports de ton service de renseignements, alors, considère ceci comme une charge suffisante pour le déclarer coupable. Que le châtiment qu'on lui infligera soit corporel et appliqué publiquement dans un lieu fixé d'opprobre. Les revenus de l'administration Qu'on prenne grand soin des revenus de l'administration afin d'assurer la prospérité de ceux qui paient des impôts à l'Etat, car c'est de leur prospérité que dépend la prospérité des autres, et notamment celle des masses. En effet, l'Etat se nourrit de ces revenus. Tu dois considérer l'entretien des terres cultivées comme plus important que la perception de revenus, car les revenus ne peuvent affluer qu'en rendant la terre productive. Celui qui demande des revenus aux cultivateurs sans les aider à améliorer leur terre, leur inflige une difficulté imméritée et ruine l'Etat. Le gouvernement d'une telle personne ne vivra pas longtemps. Si les cultivateurs demandent la réduction de leurs impôts sur la terre après avoir souffert d'une épidémie, d'une sécheresse, d'un excès de pluie, de stérilisation du sol, d'inondation qui leur cause un dommage corporel, réduis alors convenablement les impôts afin que leur condition s'améliore. Peu importe ici la perte de revenus; elle sera un jour compensée par les efforts en vue de mettre en valeur ton pays et d'embellir la province que tu gouvernes. Tu feras l'objet de louanges unanimes. Les gens croiront en ton sens de la justice. La confiance qu'ils placeront en toi par conséquent, consolidera ta force, car ils seront prêts à partager tes fardeaux. Tu pourrais établir n'importe quel nombre de personnes sur la terre; mais si la terre n'est pas améliorée, ils seront mécontents. La cause de la ruine des cultivateurs est le gouverneur qui a un penchant fébrile à accumuler la richesse à tout prix, de crainte que son gouvernement ne dure pas longtemps. Tel est le sort des gens qui n'apprennent pas des exemples ou des précédents. L'établissement administratif Continue à t'occuper de ton administration et de tes scribes. Choisis les meilleurs d'entre eux pour tes correspondances confidentielles. Ils doivent être tout à fait dignes de ta confiance, de haute moralité, à l'abri de tout risque d'exploiter leur position privilégiée contre toi, de négliger leurs devoirs, ou de succomber à la tentation et de porter préjudice à tes intérêts ou de te nuire lors de la rédaction des traités. Ils doivent, non seulement apporter l'assistance appropriée, mais également éloigner de toi toutes difficultés. II faut que ce soit des personnes qui, en s'acquittant de leurs devoirs, aient conscience de l'importance de leurs responsabilités, car quelqu'un qui n'est pas conscient de ses propres responsabilités pourra difficilement évaluer celles des autres. Ne les choisis pas uniquement sur la base de la première impression qu'ils te font ou de l'affection que tu as pour eux ou de la confiance qu'ils t'inspirent, car en fait, les fausses prétentions de beaucoup de gens vraiment dénués de toute honnêteté et de toutes bonnes manières peuvent tromper même l'intelligence de gouvernants. Choisis-les plutôt parmi le petit peuple et que ton choix tombe surtout sur ceux qui exercent une certaine influence sur les gens et qui jouissent d'une bonne réputation d'honnêteté; un tel choix aura l'avantage d'être agréable et pour Allah et pour le gouvernement. Que le directeur de chaque administration soit quelqu'un qu'aucune tâche pénible ne rebute et qu'aucune charge de travail ne contrarie. Et sache bien que les défauts dont tes secrétaires ou ton établissement feront seront attribués à toi-même. Le commerce et l'industrie Tu dois accepter tous les projets utiles que les commerçants et les artisans te proposent, les aider ensuite avec tes suggestions. Une partie d'entre eux vivent dans les villes et d'autres se déplacent d'un lieu à un autre avec leurs marchandises et instruments de travail, et gagnent leur vie en effectuant des travaux manuels. Ils constituent la véritable source de revenu national tiré du commerce et de l'industrie. Alors que le grand public n'est pas incliné à se donner la peine de se déplacer, ceux qui exercent ces professions se dérangent pour apporter les marchandises des endroits proches et lointains, de la terre, de la mer, des montagnes et des forêts, et en tirent naturellement des bénéfices. II n'y a rien à craindre de cette classe de gens paisibles. Ils aspirent à la paix et à l'ordre, et sont incapables vraiment de créer des troubles. Rends-toi dans toutes les régions du pays, établis des contacts personnels avec cette classe de citoyens et enquiers-toi de leurs conditions de vie. Mais, tu dois savoir cependant qu'un bon nombre d'entre eux sont excessivement avides et impitoyables en affaires. Ils accaparent les gains et essaient de vendre leurs marchandises à des prix excessifs, ce qui cause le plus grand préjudice au public. II serait honteux pour un gouvernant de ne pas combattre ce mal. Mets-les en garde contre l'accaparement, car le Prophète d'Allah l'a prohibé. Prends soin que la vente et l'achat se déroulent sans difficulté, que les balances soient justes et que les prix ne lèsent ni le vendeur ni l'acheteur. Et si malgré ta mise en garde quelqu'un enfreint tes ordres et se rend coupable d'accaparement, inflige-lui alors un sévère châtiment. Les pauvres Attention! Crains Allah lorsque tu traites les problèmes des pauvres qui sont sans protecteurs, délaissés, indigents, sans secours et victimes des vicissitudes du temps. On trouve dans cette catégorie des gens qui n'osent pas demander leur part dans la vie, et qui malgré leur misère ne vont pas à la recherche des aumônes. Défends donc leurs droits pour l'amour d'Allah, car c'est à toi qu'incombe la responsabilité de leur protection. Alloue-leur une part du Trésor public, où qu'ils se trouvent, et qu'ils soient près ou loin de toi. Les droits de ces deux catégories de gens doivent être égaux à tes yeux. Si préoccupé que tu puisses être ne les perds pas de vue, car Allah n'acceptera aucune négligence de leurs droits. Ne traite pas leurs intérêts comme s'ils étaient moins importants que les tiens propres, ne les laisse jamais en dehors des limites de tes préoccupations importantes, désapprouve ceux qui les regardent de haut, et enquiers-toi de leur condition. Affecte à leurs affaires des personnes intègres, pieuses et soucieuses de te mettre au courant de la condition des pauvres. Pourvois aux besoins de ces pauvres de sorte que tu n'aies pas à t'excuser devant Allah le Jour du Jugement, car c'est cette catégorie de gens qui mérite d'être traitée avec la plus grande bienveillance. Assure-toi la récompense d'Allah en accordant à chacun d'eux son dû et imposetoi la tâche sacrée de subvenir aux besoins des plus âgés d'entre eux, car ils n'ont pas de moyens d'existence indépendants et ils répugnent à demander l'aumône. C'est là un devoir pénible pour les gouvernants, mais très bienvenu pour les sociétés qui sont douées de prévoyance. Ce sont d'ailleurs seulement de telles sociétés qui accomplissent avec un esprit tranquille leur promesse faite à Allah de s'acquitter de leur devoir envers les pauvres. Des audiences publiques Rencontre périodiquement les opprimés et les gens de modeste condition en audiences publiques, et étant conscient de la présence d'Allah, parle avec eux à coeur ouvert et ne laisse à côté de`toi aucun membre de tes gardes armés, civils ou militaires, ni aucun agent du service des renseignements, dont la présence pourrait décourager les représentants des pauvres de parler sans crainte et sans réserve. En effet, j'ai entendu le Prophète d'Allah dire qu'aucune nation ou société dans laquelle les forts ne s'acquittent pas de leurs devoirs envers les pauvres, n'occupera une haute position. Supporte avec sang froid tout langage dur qu'ils emploieraient et ne te montre pas irrité s'ils ne parvenaient pas à exposer clairement leur situation. De la sorte, Allah ouvrira devant toi la porte des bénédictions et des récompenses. Si tu peux leur donner quelque chose, fais-le de bonne grâce, et si tu n'es pas à même de le faire, explique-leur ta position lucidement. II y a des situations qui appellent une action directe. Accepte les recommandations de tes administrateurs concernant la réparation des griefs de tes secrétaires. Assure-toi que les réclamations et les requêtes qui te sont adressées, te sont remises le jour même, et ce, même si tes administrateurs essaient de les intercepter. Accomplis le travail de chaque jour, le jour même, car le jour suivant apportera ses propres affaires. Communion avec Allah Consacre la meilleure part de ton temps pour entrer en communion avec Allah, bien que chaque moment de ton temps soit seulement pour Allah, si tu le passes sincèrement à servir ton peuple. Il faut que l'obligation que tu dois directement à Allah soit incluse dans les cinq temps de prières prescrits par la religion. Consacre-toi jour et nuit aux prières. Que tes prières soient aussi parfaites et aussi exemptes de défauts que possible, et ne te laisse pas tracasser par un quelconque malaise physique. Lorsque tu diriges une prière en assemblée, n'ennuie pas les gens par une prolongation non nécessaire de la prière, car il se peut qu'une telle prolongation leur cause des inconvénients et les indispose, ce qui fait perdre son effet, car, il y a dans la prière en assemblée des gens qui sont malades ou qui ont des obligations importantes à accomplir. En effet, un jour, lorsque j'ai reçu l'ordre de me rendre au Yémen, j'ai demandé au Messager d'Allah comment je devais diriger la prière en assemblée là-bas. II m'a dit: "Accomplis tes prières comme le ferait le plus faible parmi les priants, et donne ainsi l'exemple de respect d'autrui aux croyants." Désintéressement déconseillé Concernant l'observance de tout ce que j'ai dit, retiens une chose: Ne te tiens jamais, même pour un temps minime, à l'écart des gens, car s'écarter des gens, c'est ignorer leurs affaires, c'est développer chez le gouvernant une fausse perspective et le rendre incapable de distinguer ce qui est important de ce qui ne l'est pas, ce qui est correct de ce qui est erroné, le vrai du faux. Après tout, le gouverneur est un homme, et il ne peut se faire une vision correcte de ce qui est hors de la vue. La vérité n'a pas de signe distinctif nous permettant de distinguer les différentes variétés de vérités et d'erreurs. En fait tu dois être l'une de ces deux choses: ou bien tu es juste, ou bien tu es injuste. Si tu es juste, dans ce cas tu ne te tiendras pas à l'écart des gens; au contraire, tu les écouteras et tu satisferas leurs exigences. Dans le cas opposé où tu serais injuste, les gens eux-mêmes se tiendront à l'écart de toi. En tout cas, le désintéressement dans ce sens est déconseillé, surtout lorsqu'il est de ton devoir de t'occuper des besoins des gens. Les plaintes d'oppression présentées contre tes administrateurs et les réclamations pour demander justice, ne doivent pas t'indisposer. Sois certain qu'il y a dans ton entourage immédiat des gens qui exploitèrent leur position pour s'approprier ce qui appartient à autrui et commettre des injustices. Enraie chez eux cette tendance et fixe-toi comme règle de conduite de ne jamais rien accorder, pas même un petit morceau de terrain, à l'un de tes proches. De cette façon, ils seront prévenus contre toute velléité de porter préjudice aux intérêts des autres, et tu éviteras en même temps d'être l'objet du mécontentement et des hommes et d'Allah. Rends justice loyalement et sans te soucier du fait que l'intéressé soit un de tes proches ou non. Si l'un de tes proches ou de tes compagnons viole la loi, prononce contre lui le châtiment prescrit par la loi, même si cela t'est très pénible personnellement. Ce faisant, tu auras agi pour le bien de l'Etat. Si jamais les gens te soupçonnent d'être injuste envers eux sur n'importe quel plan, divulgue-leur le fond de ta pensée, et disculpe-toi de la sorte. De cette façon, ton esprit sera en harmonie avec le sens de la justice, et les gens se mettront à t'aimer. Cela exaucera ton désir de jouir de leur confiance.  

La paix et les traités Ne repousse pas l'effort de paix que tes ennemis déploieraient eux-mêmes. Accepte-le, cela plaira à Allah. La paix est la source du repos de l'armée. Elle réduit tes ennuis et fait régner l'ordre et la stabilité dans le pays. Attention! Sois sur tes gardes lorsque tu signes un traité de paix, car certains ennemis ne te proposent un accord de paix que pour te rassurer afin de t'attaquer à l'improviste. C'est pourquoi, tu dois faire preuve d'une grande vigilance et ignorer leurs protestations de bonne foi. Mais une fois que tu auras accepté les termes d'un traité de paix, tu devras les observer scrupuleusement. C'est un dépôt qui doit être sincèrement respecté, et chaque fois que tu auras fait une promesse, tiens-la de toutes tes forces, car quelle que soit la différence d'opinion sur d'autres questions, rien n'est aussi noble que l'accomplissement d'une promesse. Cela est reconnu même par les non-Musulmans, car ils savent les conséquences désastreuses de la dénonciation des traités. Ne trahis donc pas ton alliance, ne romps pas ton pacte et ne trompe pas ton ennemi, car ne pas respecter une promesse, c'est une action contre Allah, et seul un insensé agit contre Allah. En fait, la Promesse Divine est une bénédiction couvrant toute l'humanité. La Promesse d'Allah est un refuge recherché même par les hommes les plus puissants de la terre, car on n'y risque pas d'être trompé. Donc ne fais pas une promesse que tu ne pourrais pas tenir, et n'attaque pas ton ennemi sans lui avoir adressé un ultimatum, car seul un ignorant insensé oserait défier Allah qui, par Sa Miséricorde infinie, a fait des traités et des pactes les instruments les plus inviolables pour Ses serviteurs. En fait la paix qu'ils assurent est un refuge à l'abri duquel tout le monde cherche asile, et au voisinage duquel tout le monde s'empresse de séjourner. Le traité doit donc être dépourvu de toute fraude, de toute duplicité et de toute tromperie. Ne conclus jamais un pacte qui prête à diverses interprétations, mais une fois que le pacte est conclu, n'en exploite pas l'équivoque, si équivoque il y a, ni n'annule un traité conclu au nom d'Allah, même s'il te cause quelques difficultés. Comme la vie de l 'Au-delà nous réserve des récompenses, il vaut mieux faire face aux difficultés que violer le traité et avoir à craindre les conséquences d'un tel acte le Jour du Jugement. Attention! Abstiens-toi de répandre le sang sans une raison valable, car cela suscite la colère du Tout-Puissant, expose le serviteur à Son châtiment le plus sévère, le prive de Ses bénédictions, raccourcit la vie, et le Jour du Jugement, c'est de ces crimes qu'il aura à répondre en premier lieu. Fais attention donc! N'aspire pas à fonder la puissance de ton Etat sur le sang, car ce sang finira par affaiblir l'Etat et le faire passer à d'autres. L'homicide volontaire ne saurait être excusé ni par moi ni par Allah. Le meurtre est un crime passible de la peine de mort. Si pour une raison ou une autre un châtiment corporel prononcé par l'Etat entraîne la mort du coupable dont le crime n'est pas passible de la peine de mort, répare l'erreur et n'expose pas le prestige de l'Etat à la réclamation du prix du sang que feraient les parents du défunt.  

Les dernières instructions  

Évite de t'admirer, de te louer et d'encourager les autres à t'adresser des louanges excessives, car la ruse sur laquelle compte le plus Satan pour empêcher les bonnes actions des hommes pieux est la louange et la flatterie. Ne surestime pas et ne parle pas trop des faveurs que tu aurais accordées aux gens. Trahir la promesse, c'est déplaire et à Allah et à l'homme. Allah, qu'IL soit Exalté, a dit dans le Saint Coran: "Dire ce que vous ne faites pas est l'acte le plus haïssable auprès d'Allah" (Sourate alÇaff, 61:3) Ne te hâte pas de faire quelque chose avant le moment opportun, ni ne l'ajourne lorsque le moment juste de le faire arrive. Ne t'entête pas dans l'erreur et ne néglige pas la rectification d'une faute. Accomplis chaque chose en son temps et laisse chaque chose occuper sa propre place. Lorsque les gens s'accordent unanimement sur quelque chose, ne leur impose pas ton propre point de vue, ni ne néglige d'assumer la responsabilité qui t'incombe en conséquence. Car les yeux du peuple seront fixés sur toi et tu auras à répondre de tout ce que tu leur auras fait. Le moindre manquement au devoir apportera son propre châtiment. Contrôle ta colère et retiens tes mains et ta langue. Le meilleur moyen de contenir ta rage est de différer le châtiment (que tu comptes infliger à quelqu'un) jusqu'à ce que tu sois calmé et revenu à toi-même. Tu ne parviendras à avoir la maîtrise de toi-même qu'en te rappelant que tu finiras par retourner à ton Seigneur. Il est impératif que tu étudies soigneusement les préceptes qui ont inspiré les bons et justes gouvernants, qui t'ont précédés. Garde bien à l'esprit l'exemple de notre Prophète, ses Hadith et les commandements du Saint Coran, ainsi que tout ce que tu as appris de ma propre façon de traiter les choses. Fais de ton mieux pour exécuter les instructions que je t'ai données ici et que tu t'es engagé solennellement à suivre. Par cet ordre, je t'enjoins de ne pas succomber aux suggestions de ton propre coeur, ni de manquer de t'acquitter des devoirs qui te sont confiés. Je me réfugie auprès du Tout-Puissant et dans Sa sphère illimitée de bénédiction, et je t'invite à prier avec moi pour qu'IL nous accorde, à tous deux, la grâce de céder volontairement notre volonté à Sa Volonté et de nous rendre capables de nous bien acquitter de notre devoir envers Lui et envers Sa création, afin que l'humanité chérisse notre mémoire et que notre action survive. J'implore Allah de me combler de Ses bénédictions et je Le prie pour qu'IL nous assure, à toi et à moi, Sa grâce et l'honneur de tomber en martyrs pour Sa cause. En effet, nous retournerons à Lui. Que les bénédictions d'Allah couvrent Son Prophète et Sa sainte progéniture.»(*) l'Imam Ali (*)N.B. Le célèbre savant, juriste, poète et philosophe arabe chrétien, 'Abdul Macîh al-Antâki, mort au cours du 20ème siècle, a écrit à propos de cette lettre qu'elle est un code très supérieur à celui de Moïse ou de Hamurabi. Elle explique, dit-il, comment doit être un gouvernement humain et comment celui-ci doit s' acquitter de sa tâche, et elle justifie les revendications des Musulmans selon lesquelles l'Islam veut établir un gouvernement divin émanant du peuple, fait pour le peuple et par le peuple, et exige que le gouvernant ne recherche sa propre satisfaction les avoir inscrits pour la postérité. Selon le très célèbre historien, al-Mas`ûdî (dans "Murûj al-Thahab", vol. II, p. 33, éd. Egypte), l'Imam Ali est crédité d'au moins 480 traités, sermons et épîtres sur des sujets traitant de la philosophie, de la religion, de la loi, de la politique, compilés par Zayn Ibn Wahâb du vivant de l'Imam. Ces contributions sont tellement appréciables autant par leur contenu que leur mérite littéraire intrinsèque, que quelques-uns de ces chefs d'oeuvre ont constitué au cours de l'histoire musulmane des sujets d'étude des centres d'enseignements islamiques. En effet, la réputation de l'Imam Ali semble avoir traversé l'Europe à l'époque de la Renaissance. Edward Powcock (1604-1691), professeur à 1'Université d'Oxford publia la première traduction anglaise de ses "dires" et fit une série de conférences sur sa "Rhétorique" en 1639. Selon "Fehrast al-Tûcî" (p.33), cette lettre fut tout d'abord copiée du vivant de l'Imam Ali (p) par Asbagh Ibn Nabatah. et reproduite ou rapportée plus tard dans leurs écrits par différents savants arabes et égyptiens, notamment par Naçr Ibn Muzâhim (1484), al-Jâhidh& al-Baçri (225 H.), Ibn Abi Hadid (655 H.), Ibn Abduh (le réformateur égyptien), et 'Allamah Muçtaphâ Ibn Najib, le grand savant d'Egypte. Ce dernier considère cette lettre comme "un guide de base en matière d'administration islamique." La même dévotion passionnée pour la connaissance et l'enseignement qui ont distingué Mohammad (p) anime chaque mot de son illustre disciple. A sa largeur d'esprit qui dépassait de loin l'époque dans laquelle il vivait, s'ajoutaient un sincère dévouement d'esprit et une foi fervente. Ses sermons, conservés fidèlement par l'un de ses descendants, ses litanies ou psaumes dépeignent un regard tourné vers la Source de Dieu et une foi illimitée en l'humanité. (Sayed Amîr Ali, "The Spirit of Islam" p.363). 

 LES PILIERS DE L'ISLAM 

Le Saint Prophète Mohammad, que la paix soit sur lui, naquit à la Mecque, au mois de Rabi` alAwwal de l'An de l'Eléphant, soit 570 après Jésus-Christ (cinquante-trois ans avant le commencement du calendrier hégirien). Il naquit dans la famille de Bani Hâchim, de la tribu de Quraych qui était considérée comme la plus honorable des familles arabes. Le père du Prophète, Abdullah, était mort avant sa naissance. Le nom de sa mère était Aminah Bint Wahab. Sa naissance fut accompagnée de nombreux signes par lesquels le monde put savoir que le "Sauveur" était apparu. Au début, le Prophète fut allaité pendant quelques jours par Thawbiyyah, une esclave affranchie de son oncle Abou Lahab. Bientôt, il fut remis, selon la coutume arabe de l'époque, à une nourrice bédouine, Halimah Bint Zawayb qui appartenait à la tribu de Bani Sa`ad.  

A l'âge de cinq ans, il fut rendu à sa mère qu'il perdit à l'âge de six ans. Désormais l'enfant orphelin fut confié aux soins de son grand-père paternel, Abdul-Muttalib, lequel l'éleva avec un grand amour et beaucoup de soins. Dès sa première enfance, le Prophète montra des signes de sa préparation divine pour la grande tâche qui l'attendait. Il ne participait pas aux rites idolâtres de sa tribu et ne mentait pas. Il avait d'excellentes habitudes et un caractère irréprochable qui lui attirait la sympathie de ceux qui étaient en contact avec lui. Rapidement il acquit l'épithète de "véridique" et de "digne de confiance". Il n'avait pas plus de huit ans lorsque son grand-père, Abdul Muttalib mourut à son tour. De son lit de mort, le vieux grand-père le confia à la charge de son fils Abou Tâlib, lequel s'acquitta de ses devoirs de garde jusqu'à la dernière heure de sa vie. Il aimait son neveu, plus que son propre fils. Le Prophète grandit dans la maison de son oncle, et avant d'atteindre l'âge de l'adolescence, il avait l'habitude d'accompagner son oncle dans ses voyages en caravane. Le Prophète n'avait reçu aucun enseignement scolaire, et par conséquent il ne savait ni lire ni écrire. Cependant, après avoir atteint l'âge de la maturité, il devint connu pour sa sagesse, sa courtoisie et son honnêteté. Mohammad étant réputé pour sa sagacité et son honnêteté, une femme Quraichite, Khadijah, célèbre pour sa grande fortune, l'engagea comme gardien de ses biens et lui confia la tâche de diriger ses affaires commerciales. Une fois le Prophète entreprit un voyage d'affaires à Damas pour faire du commerce avec les marchandises de Khadijah, et il put réaliser des bénéfices remarquables en raison de sa capacité. Lors de ce voyage, l'esclave de Khadijah, Maysarah accompagnait le Prophète , et au retour, il exalta ses habitudes et son caractère devant sa maîtresse, laquelle fut tellement impressionnée qu'elle lui proposa de l'épouser. Le mariage fut rapidement annoncé solennellement, et ce fut un grand succès. Après son mariage, le Prophète habita dans la maison de Khadijah. Sa femme menait désormais une vie plus stable. Il y avait un accord total et une compatibilité parfaite de tempérament entre la femme et le mari. Ce fut pendant cette même période que les premiers signes de sa prophétie commencèrent à se manifester. De temps en temps, le Prophète se retirait dans la grotte de Hirâ' (dans les montagnes de Tihamah, région située près de la Mecque) où il passait quelques jours et parfois un mois, loin de l'environnement morne du paganisme et des orgies sauvages des parties de plaisirs. Il passait son temps à méditer et à adorer le Seigneur de l'Univers. A l'âge de quarante ans, alors qu'il effectuait une retraite spirituelle, il fut choisi par Allah pour devenir Prophète et il reçut la mission de prêcher la nouvelle religion. A ce moment-là, le premier verset du Coran, Al-`Alaq (le Caillot de sang) lui fut révélé. Ce même jour, il retourna chez lui et sur le chemin de retour, il rencontra son cousin Ali Ibn Abi Tâlib, qui après avoir écouté le récit de ce qui était arrivé, déclara son acceptation de la Foi Une fois le Prophète rentré à la maison, il raconta à sa femme la révélation qu'il avait reçue, et cette dernière accepta à son tour d'épouser l'Islam. Le Prophète continua à appeler à son message calmement et discrètement les personnes qu'il considérait comme sensible à son appel. Progressivement le nombre de ses adeptes atteignit la quarantaine . Ils étaient pour la plupart jeunes et issus de secteurs variés de la société. Ils accomplissaient leurs prières secrètement et dans des lieux isolés. Pour instruire chaque nouveau croyant, le Saint Prophète affectait un plus ancien Musulman à cette tâche. Appel aux proches parents Après avoir prêché de cette façon pendant trois ans, le Prophète reçut d'Allah l'autorisation de profiter des conditions tribales qui prévalaient dans sa société pour étendre son appel à une autre catégorie de gens: «Avertis tes proches parents et sois bon envers tes adeptes croyants. S'ils te désobéissent, dis-leur: "Je désavoue ce que vous faites."» (Sourate al-Chu`arâ', 26: 214-216) Le Messager d'Allah invita donc ses proches parents à un festin. Une quarantaine de personnes répondirent à son invitation. Dès qu'il se mit à prêcher parmi elles, son oncle, Abdul Uzza, dit Abou Lahab, lui infligea un affront et les invités se dispersèrent dans la confusion. Un peu plus tard, le Prophète invita une nouvelle fois ses proches parents. Mais cette fois-ci, malgré l'opposition et les menaces d'Abou Lahab, le Prophète put dire ce qu'il voulut. Toutefois, il n'y eut qu'Ali pour répondre à son invitation et le soutenir fermement. Sur ce, le Prophète s'adressant à Ali, déclara: "Tu es mon frère, mon successeur et mon vizir (député)". (S'appuyant sur des documents transmis par la Famille du Prophète et sur des poèmes encore conservés, composés par Abou Tâlib, les Chiites croient que ce dernier avait lui aussi embrassé l'Islam à cette occasion. Toutefois, étant donné qu'il fut le seul protecteur du Prophète, il cacha sa foi au public afin de préserver son influence sur Quraych). L'Appel général Après cette étape difficile, le Prophète commença sur ordre d ' Allah , à prêcher son appel ouvertement. Il reçut en effet la révélation suivante: "Proclame ce qui t'est ordonné et n'accorde pas d'importance aux polythéistes." (Sourate al-Hijr, 15:94) Le Prophète monta sur la colline de Çafâ, et appela les Quraych à s'y rassembler. Une fois qu'ils furent là, il leur dit: "Si je vous disais que l'ennemi s'approche de vous, me croiriez-vous?"; "Oui!", répondit tout le monde. "Je vous mets en garde contre un sévère châtiment", leur dit-il en ajoutant: "O Fils d'Abdul Muttalib! O Fils de Abdu Manaf! O Fils de Zuhrah! Sauvez-vous de l'Enfer. Je ne vous serais d'aucune utilité devant Allah." Cette déclaration marqua le début d'un conflit persistant. Néanmoins, elle eut une influence heureuse et de grande envergure sur la diffusion de l'Islam. Les Quraych firent tout ce qu'ils purent pour faire plier l'Islam naissant. Ils exercèrent toutes sortes de pressions sur le Saint Prophète. Beaucoup de Musulmans faibles physiquement et matériellement furent torturés. Mais ils restèrent tous fermes dans leur foi. Ce fut Abou Tâlib qui prêta un appui total au Saint Prophète pendant cette période d'épreuves et de tribulations, et qui le sauva des machinations des infidèles. Vers l'Ethiopie Lorsque l'opposition et les excès des Quraych devinrent insoutenables, le Saint Prophète autorisa un certain nombre de Musulmans à émigrer en Ethiopie. En tout, 80 hommes et 18 femmes partirent pour le pays hospitalier du Négus. La mise au ban Lorsque les Quraych eurent échoué dans leurs tentatives pour empêcher l'émigration des Musulmans, ils décidèrent de mettre au ban les Bani Hâchim, le clan du Prophète. Cette mise au ban de la société se poursuivit pendant trois ans, au cours desquels les Bani Hâchim furent forcés de se réfugier dans "le passage montagneux d'Abou Tâlib", un fort dans les vallées de la Mecque. Personne n'établit de transactions ou n'eut de rapports avec eux tout au long de cette période. Finalement le siège, n'ayant pas pu intimider les Bani Hâchim, fut levé. L'année du deuil Mais le soulagement fut de courte durée. L'année suivante les Musulmans reçurent un coup sévère par la mort d'Abou Tâlib, qui avait été le protecteur le plus courageux et le plus influent du Saint Prophète. Un peu plus tard, Khadijah, la femme bien-aimée du Saint Prophète, décéda à son tour. Outre sa prudence et sa sagacité, Khadijah était une femme sympathique et de noble caractère. Elle avait dépensé sa fortune sans hésitation pour la cause de l'Islam. Pendant toute sa vie, le Saint Prophète gardera de tendres souvenirs de son amour et de sa fidélité. Il la complimentera souvent et évoquera sans cesse ses bonnes actions. Une autre femme du Prophète, Ayechah, reconnut qu'elle n'avait envié aucune des femmes du Prophète autant qu'elle avait envié Khadijah, bien qu'elle ne l'eût jamais vue. Elle raconta aussi que chaque fois que le Prophète abattait un mouton, il envoyait quelques morceaux de viande aux amis de Khadijah. L'année où ces deux tristes événements se produisirent est appelée dans l'histoire musulmane "`Âm al-Huzn", l'Année du Deuil. Le refus de Tâ'if Ayant été déçu par les Quraych, et éprouvé par la perte de son vénérable protecteur et de sa femme chérie, le Saint Prophète tourna son attention vers les autres tribus. Il alla à Tâ'if, y resta un mois, rencontra les personnages éminents de la ville et les appela au message de la Vérité. Mais la ville de Tâ'if s'avéra comparable à la Mecque quant au traitement qu'elle réserva au Saint Prophète. En effet, les habitants de Tâ'if, ne se contentèrent pas de rejeter l'appel du Prophète: ils encouragèrent la populace de la ville à jeter des pierres sur lui. Il retourna donc profondément désappointé. Le Saint Prophète avait l'habitude de contacter les hommes des tribus, rassemblés à la Mecque et à Minâ pendant la saison du pèlerinage, pour prêcher l'Islam parmi eux.  

La Hijrah (L'Émigration) Un jour, le Saint Prophète passa près d'un groupe de gens appartenant à la tribu des Khazraj. Comme d'habitude, il s'approcha d'eux et leur récita quelques versets du Saint Coran, qui les ébahirent. Immédiatement ils acceptèrent la nouvelle foi. Une fois qu'ils retournèrent dans leur ville, Yathrib, ils se mirent à prêcher l'Islam. L'année suivante, douze personnes vinrent de Médine à 'Aqabah, près de Minâ, pour prêter serment d'allégeance au Saint Prophète. Cet événement est appelé le Premier Serment de 'Aqbah. Le Saint Prophète envoya Mu'âb Ibn `Umayr avec eux pour leur enseigner les commandements de la religion et propager l'Islam. La troisième année, une délégation le rencontra secrètement à la faveur de la nuit, au même endroit. Les membres de la délégation invitèrent le Saint Prophète dans leur ville et lui promirent de lui apporter l'aide nécessaire. Abbas, un oncle du Saint Prophète, bien qu'il restât non Musulman, fut présent à cette occasion. Cet événement est connu sous l'appellation du Second serment de `Aqbah. Dès ce moment le Saint Prophète autorisa les Musulmans à émigrer par petits groupes à Médine. Craignant la fuite du Saint Prophète, les Quraych conspirèrent pour l'assassiner. Allah informa Son Prophète de l'existence de cette conspiration et lui ordonna d'émigrer: "Et (rappelle-toi) comment les incrédules complotèrent contre toi soit pour s'emparer de toi soit pour te tuer ou te bannir. S'ils usaient de stratagème, Allah aussi usait de stratagèmes, et c'est Allah qui est le plus fort en stratagèmes." (Sourate al-Anfâl; 8:30) Pour tromper la vigilance des Quraych qui lui tendaient une embuscade en vue de le tuer, le Saint Prophète ordonna à Ali de dormir dans son lit, et il quitta la Mecque pour Médine avec Abou Bakr. Ils se cachèrent pendant trois nuits dans une grotte appelée Thaur. Lorsque la chasse à l'homme organisée par les Quraych se relâcha, ils se dirigèrent vers Médine par une route peu fréquentée. Après avoir voyagé pendant plusieurs jours, le Saint Prophète arrive à Quba (une banlieue de Médine) où il resta deux jours en attendant l'arrivée de Ali. Une nouvelle ère dans l'histoire de l'Islam commença avec cette émigration (Hijrah). Médine comme Etat Après la Hijrah, l'Islam entra dans une phase nouvelle la phase de la consolidation et de l'édification d'un ordre social fondé sur les enseignements islamiques. La construction d'un masjid fut la première mesure prise dans ce sens. Autour du masjid furent construites plusieurs pièces d'habitation. Le bâtiment fut simple dans sa forme et dans sa structure. Les murs étaient en terre et le toit en palmes de dattier. Ce masjid s'appelle aujourd'hui al-Masjid al-Nabawî. La priorité donnée à la construction du masjid fut une démonstration pratique du fait que l'Islam se fondait sur la soumission à Allah.

Aucun bâtiment ne fut construit pour le siège du gouvernement. Le masjid servait de lieu de culte, de salle d'assemblée, de cour de justice, d'école et de quartier général de l'armée. La formule de la coexistence fraternelle Lorsque le Saint Prophète arriva à Médine, la société tribale de cette ville avait des intérêts opposés et des points de vue divergents. Les plus importants éléments qui y vivaient étaient: 1. Les Musulmans Les Musulmans se composaient des Muhâjirîne (immigrants) et des Ançâr (les partisans). L'appellation "Ançâr" fut donnée par le Saint Prophète aux tribus des Aws et des Khazraj en raison de leur aide et soutien à la cause de l'Islam au moment de l'épreuve. Les Muhâjirîne furent les premiers Musulmans qui émigrèrent de la Mecque pour fuir les souffrances que leur faiaient subir les infidèles. Ils abandonnèrent leurs maisons, leurs biens, leurs parents et leurs voisins pour préserver leur foi. Pour faire face à la situation de l'après Hijrah, l'Islam prit plusieurs mesures, les unes à long terme, les autres à court terme. Le but en fut de poser les fondations d'un nouvel ordre social. Il introduisit tout d'abord le concept de fraternité dans la foi, au sens le plus profond du terme, comme une politique générale: "O vous les hommes! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous vous avons constitués en peuples et tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux d'entre vous." (Sourate alHujurât; 49:13) Le Prophète abolit la coutume pré-islamique de venter les mérites de l'ascendance et fit du savoir et de la piété le critère de la valeur de chacun dans la vie islamique. Il conféra une forme concrète à son idée en établissant la fraternité entre les Muhâjirine et les Ançâr. Il ordonna à chacun des Ançâr d'adopter un Muhâjir (sing. de Muhâjirine) comme frère. Cette loi resta en vigueur jusqu'à ce qu'elle fût abrogée après la Bataille de Badr. Grâce à cette loi, il était tout à fait normal que beaucoup d'Ançâr cèdent la moitié de leurs biens aux frères Muhâjirine. Ce système n'établit pas seulement de grands liens fraternels entre les Muhâjirine et les Ançâr, mais il résolut également, d'une manière naturelle, le problème économique auquel les Muhâjirine furent confrontés. Il est à rappeler que les Muhâjirine, pour leur part, n'exploitèrent pas indûment les sentiments généreux des Ançâr. Ils firent tout ce qu'ils purent pour être indépendants aussi tôt que possible.

  2. Les Juifs  

La deuxième composante des habitants de la ville de Médine était constituée des Juifs qui vivaient à l'intérieur et à l'extérieur de Médine, et qui étaient très différents des autres Médinois, d'autant plus qu'ils avaient une religion et des coutumes différentes. Le Saint Prophète prit des mesures spéciales pour pacifier les Juifs. La majeure partie de la constitution de l'Etat de Médine, connue sous le nom de "La Convention de Médine", et par laquelle le Prophète se révéla être un esprit supérieur de son époque, concernait les Juifs. Ciaprès quelques-unes des plus importantes clauses de cette convention: a. Tous les Musulmans, qu'ils soient de Quraych ou de Médine, et tous ceux qui ont fait cause commune avec eux, constituent une seule nation. b. Chacun jouira de la sécurité de vie et de propriété, indépendamment de sa position sociale. Les Musulmans sent attachés les uns aux autres par un lien commun. c. Les Juifs appartenant aux différentes branches de Bani `Awf formeront avec les Musulmans une seule nation composée. Ils auront la même liberté de pratiquer leur religion que les Musulmans. Ceux qui auront été coupables d'injustice et de crime, seront punis. d. Les Juifs et les Musulmans supporteront leurs dépenses respectives, mais ils doivent se joindre pour combattre les ennemis de ceux qui ont accepté la constitution. e. Toutes disputes entre ceux qui ont accepté cette constitution devront être soumises au Prophète d'Allah, Mohammad, pour arbitrage(25). 3. Les hypocrites La troisième composante importante de la population de Médine était constituée des hypocrites qui, poussés par l'enthousiasme populaire, professaient l'Islam du bout des lèvres, mais tout en restant toujours prêts à trahir les Musulmans. Les hypocrites avaient des motifs divers pour être hostiles à l'Islam. Une partie d'entre eux pensaient que l'Islam avait porté atteinte à leur intérêt, d'autres le considéraient comme une menace pour leurs croyances et rites païens. D'autres encore, manifestant leur chauvinisme, regardaient les Muhâjirine comme des intrus. Le Prophète fit montre d'une grande tolérance envers les hypocrites. L'importance de la Hijrah La Hijrah eut un impact profond sur le cours des événements. Elle s'avéra être de bon augure pour la mission divine et ce fut à partir de ce moment que l'Islam commença à progresser. Le premier but de cet événement fut l'instauration du premier Etat islamique sous la direction du Saint Prophète. La politique militaire L'établissement de l'Etat islamique comportait l'élaboration d'une politique militaire. Comme son but principal était de transmettre le Message divin à l'humanité, l'Etat islamique oeuvra en vue d'enlever toutes les barrières qui empêchaient la lumière d'éclairer les gens. Pour des raisons pratiques, la politique militaire de l'État islamique revêtait deux formes: offensive et défensive. Toutefois, dans les deux cas le but stratégique était le même, à savoir, la suppression des obstacles qui se dressaient devant la Mission islamique. Le traité de paix de Hudaybiyyah La Bataille du Fossé fut la dernière tentative des Quraych de vaincre les Musulmans. Ensuite, ils restèrent sans ressort, et frappés de terreur. Un jour des rumeurs parvinrent à leurs oreilles, faisant état de négociations secrètes engagées par les Musulmans avec les Juifs de Khaybar, en vue d'entrer en alliance avec eux. Le Saint Prophète décida de devancer cette action et de se réconcilier avec les Quraych. Il choisit pour exécuter ce dessein la saison sacrée du Hajj. Accompagné de 1500 adeptes, le Prophète partit pour la Mecque. Tous les Musulmans étaient en état d'Ihrâm(26), et leurs épées étaient dans leurs fourreaux. Le Saint Prophète avait, en effet, annoncé qu'il voulait accomplir le Hajj et non faire la guerre. En tout cas, les Quraych considérèrent son mouvement avec suspicion et postèrent une grande armée sous le commandement de Khâlid Ibn al-Walid, pour lui barrer la route de la Mecque. Quelques jours après, le Saint Prophète campa à al-Hudaybiyyah, à quelques kilomètres de la Mecque. Les Quraych envoyèrent une délégation pour sonder ses intentions. La délégation fut assurée que les Musulmans n'avaient aucune autre intention que l'accomplissement du Hajj. Bien que les membres de la délégation fussent convaincus de la bonne volonté du Prophète, les Quraych restèrent inflexibles. Plus tard, le Saint Prophète envoya `Othmân Ibn `Affân, comme émissaire, à la Mecque. Les Quraych le détinrent pendant trois jours. Entre-temps, des rumeurs firent état de l'assassinat de Othmân. Là dessus, le Saint Prophète demanda à ses compagnons de prêter serment d'allégeance en vue de combattre, si le cas l'exigeait. Cette prestation de serment d'allégeance s'appela, Bayt`at alRidhwân (L'Allégeance du plaisir), ou "L'allégeance Sous l'Arbre". Allah exalta ceux qui y avaient prêté ce serment d'allégeance. En effet le Saint Coran dit: "Allah est satisfait des croyants qui t'ont prêté serment d'allégeance, sous l'arbre. IL connaissait ce qu'ils avaient dans leurs coeurs; aussi leur a-t-IL accordé la confiance et les a-t-IL récompensés par une victoire immédiate." (Sourate al-Fat-h, 48:18) Après beaucoup de difficultés, un traité de paix fut conclu grâce auquel les Quraych purent sauver la face, et le Prophète obtint tout ce qu'il voulait vraiment. Ce fut le fruit de sa superbe stature d'homme d'Etat. Les principales clauses de ce traité furent: a- Les hostilités doivent cesser durant une période de dix.  

b. Toute personne des Quraych se joignant au Saint Prophète sans la permission de sa tribu doit être renvoyée aux Quraych, mais si quelqu'un parmi les Musulmans rejoint les Quraych, il ne sera pas extradé. c. Toute tribu manifestant le désir de contracter une alliance avec Mohammad ou avec les Quraych doit avoir toute liberté de le faire. d. Mohammad et ses compagnons doivent rebrousser chemin cette année, mais ils auront la permission de se rendre à la Mecque l'année prochaine et d'y rester pendant trois jours avec leurs épées rengainées. Certains Musulmans, dont Omar Ibn al-Khattâb, qui étaient à la tête de ceux qui ne purent comprendre la signification de ce traité, émirent de sérieux doutes sur son utilité. Ils maintinrent obstinément leur position jusqu'à ce qu'Allah eût décrit ledit traité comme "Une Victoire Évidente". Le traité eut des effets de longue portée. Il mit pratiquement fin aux hostilités entre les Musulmans et les Mecquois, et par voie de conséquence, il prépara le terrain à la propagation de l'Islam. Il offrit aux adversaires l'occasion de réfléchir aux mérites de la religion contre laquelle ils avaient lutté jusqu'ici inutilement. Il donna aux Musulmans un répit leur permettant de consolider leur société et leur État. Les nouveaux horizons L'Islam, depuis ses débuts à la Mecque, était très exigeant quant à sa revendication d'être une religion universelle visant à guider l'humanité tout entière. Le Message de l'Islam offre à l'homme toute la possibilité de se développer et de s'épanouir. L'Islam est la religion qui se conforme à la nature humaine et qui pourvoit à tous les besoins humains. De là son universalité. Beaucoup de versets révèlent sa nature universelle; en voici un exemple: "Nous t'avons seulement envoyé (Mohammad) comme source de bénédiction pour le monde entier." (Sourate al-Anbiyâ', 21:107) Les premiers adeptes de l'Islam appartenaient à des races variées. Ils comprenaient à la fois des Arabes et des non-Arabes, tels Hamzah Ibn `Abdu1 Muttalib, 'AmmârIbn Yâcir, Salmân alFaricî (le Persan), Bilâl al-Habachî (l'Africain), Suhayb (le Grec) etc. Conformément à cette politique, le Saint Prophète approcha les tribus arabes à l'exclusion des Quraych, et ensuite, il écrivit des lettres aux dirigeants du monde, y compris les empereurs de Bysance et de la Perse, les plus grandes puissances de l'époque.

  La conquête de la Mecque 

Deux ans après la conclusion du traité de paix de Hudaybiyyah, la conquête de la Mecque fut achevée. Le Saint Prophète détruisit les idoles se trouvant dans la Ka`bah, s'écriant avec des mots du Saint Coran: "La Vérité est venue, l'erreur a disparu." (Sourate Banî Isrâë1; 17:81) Ali Ibn Abi Tâlib l'aida dans sa tâche. Le Saint Prophète traita l'ennemi vaincu avec beaucoup de générosité et décréta une amnistie générale. Le Pèlerinage d'Adieu En l'an 10 de l'hégire, le Saint Prophète annonça qu'il allait à la Mecque pour accomplir le pèlerinage . A cette annonce, des gens de tous les coins de l'Arabie se joignirent à lui pour le Hajj. Leur nombre dépassa les l00.000 pèlerins. A `Arafât, le Saint Prophète prononça un sermon remarquable et bien connu dans les annales de l'Islam. Il mit hors la loi l'usure et déclara les Musulmans frères les uns des autres, indépendamment de leurs races et de leurs couleurs. Il affirma qu'un Arabe n'était d'aucune façon supérieur à un non-Arabe. Il dit que les hommes avaient des droits sur les femmes, de même que les femmes en ont sur les hommes. Ce sermon a été décrit justement comme une "Charte des droits de l'Homme." L'allégeance de Ghadîr Sur le chemin du retour à Médine, le Saint Prophète fit halte avec tous ceux qui l'accompagnaient, à un endroit nommé Ghadîr Khom. Là, il reçut l'ordre d'Allah de désigner Ali Ibn Abi Tâlib comme son successeur et comme Commandeur des croyants. Ce jour-là il faisait très chaud et l'événement se produisit vers midi. Ce n'était pas un hasard que le Prophète ait choisi ce moment précis et cet endroit particulier pour cette proclamation historique de la plus grande importance. Beaucoup de Musulmans n'auraient plus l'occasion de rencontrer le Saint Prophète une seconde fois Pour eux, c'était le moment de la séparation. Le Prophète demanda à tous les Musulmans de se rassembler autour de lui, pour prononcer à leur intention un sermon. Celui-ci sera rapporté par trente compagnons du Saint Prophète, dont Zayd Ibn Arqam. D'autres le rapporteront de 110 compagnons et de 84 suivants (Tâbi`îne). Ce sermon constitue le plus authentique hadith relaté consécutivement par des savants et des "traditionnistes" éminents. Il est rapporté comme suit: «Le Saint Prophète a dit: "Allah est mon Maître et je suis le Maître des croyants. Ceux-ci doivent me considérer comme étant plus responsable d'eux qu'eux-mêmes. Quiconque me considère comme étant son maître, doit considérer Ali aussi comme tel. O Allah! Secours celui qui le soutient, et sois l'ennemi de celui qui devient son ennemi."(27) Une fois le sermon terminé, le Saint Prophète accomplit la prière de midi, et puis il demanda aux Musulmans de prêter serment d'allégeance à leur Imam, Ali. Tous les Musulmans présents à cette occasion suivirent son ordre.

  La dernière volonté du Saint Prophète  

Peu après son retour à Médine, le Prophète tomba malade. Un jour où sa maladie s'aggrava, il dit: "Apportez-moi un encrier, une plume et un morceau de papier. Je voudrais écrire quelque chose qui vous guidera après ma disparition. " Ayant prononcé ces mots, le Saint Prophète perdit connaissance. Quelqu'un qui était présent à ce moment-là fit remarquer que le Saint Prophète parlait d'une façon incohérente. Lorsqu'il reprit connaissance, ceux qui étaient présents lui demandèrent s'ils devaient apporter l'encrier, la plume et le morceau de papier, le Saint Prophète dit: "Non! Pas après ce que vous avez dit. En tout cas, je vous ordonne d'être bons envers les Gens de Ma Maison (Ahl Bayti) après moi." Le Saint Coran dit: "Dis (O Mohammad): je ne vous demande aucune récompense (pour ma Prophétie) excepté votre affection envers mes parents." (Sourate al-Chourâ, 42:23) Lorsque la fin approcha, il donna les instructions nécessaires à l'Imam Ali pour qu'il se exécutât sa volonté après sa mort. Enfin il expira, la tête dans le jiron de l'Imam. La personnalité du Saint Prophète Le Prophète était l'incarnation de toutes les vertus et qualités d'un croyant, qui sont décrites dans le Saint Coran. Il était à la fois et en même temps le plus grand penseur, l'adorateur le plus dévot, et la personne la plus juste dans ses rapports avec sa famille et les gens en général. Personne ne peut le décrire mieux qu'Allah qui a dit que Son Messager possédait le plus noble caractère. L'une de ses femmes a dit que son caractère était le Coran. Allah a dit: "Vous avez, dans le Messager d'Allah, un excellent modèle." (Sourate al-Ahzâb, 33:21) Le Saint Coran dit aussi: "(Mohammad) Dis-leur: "Suivez-moi si vous aimez Allah; Allah vous aimera..."" (Sourate Âle `Imrân, 3:31) Comme le Prophète Mohammad était sous la protection d'Allah, il se distinguait des membres de la société dans laquelle il avait été élevé. Dès le début, il était connu et respecté pour son noble caractère. Même les païens qui le connurent, l'appelèrent "le véridique" et "le digne de foi." L'aspect social de sa vie L'Imam al-Hussayn, citant son père, dit que le Saint Prophète était toujours agréable et courtois. Il n'a jamais crié au visage de quelqu'un ni n'a jamais été fautif envers quelqu'un. Il n'a jamais employé un mot grossier. Anas Ibn Malik dit: "Je l'ai servi pendant dix ans. Même lorsque je faisais quelque chose qu'il n'aimait pas, il ne me demandait jamais pourquoi je l'avais fait." En tant que dirigeant Toute personne équitable qui étudie les différents aspects de la personnalité du Saint Prophète, en tant qu'homme, en tant que chef de famille, en tant que membre de la société, en tant que juge, en tant qu'administrateur, instituteur, commandant de l'armée, etc., conclura que sa perfection en tout est la preuve catégorique de sa qualité de Messager divin. L'histoire de l'humanité n'a été témoin d'aucune autre personne atteignant un tel degré de perfection.  

Comme commandant de l'armée, audacieux, courageux et clairvoyant, il avait une étonnante connaissance des questions stratégiques et des manoeuvres planifiées à l'avance. Il a pu livrer et gagner la Bataille de Badr avec une petite force mal équipée. Il a su rester ferme après avoir subi des revers à Uhud. C'est grâce à son courage personnel que le flot de l'ennemi fut arrêté lors de la Bataille de Hunayn, et que la défaite initiale fut transformée en victoire finale. Dans la Bataille de Khaybar et à la veille de la Conquête de la Mecque, il a exploité pleinement l'élément de surprise. Dans beaucoup d'occasions, il a pris des mesures spéciales en vue de démoraliser l'ennemi et de semer le trouble dans ses rangs. Outre ses qualités de commandant militaire, le Saint Prophète, a contribué beaucoup au bien-être de l' humanité en général. Il prenait tout d'abord l'initiative de faire une chose, et il demandait ensuite aux autres de le suivre. Il a établi les "droits" des gens alors que la tyrannie sévissait partout. Il a introduit "l'égalité" quand la discrimination indue était monnaie courante. Il a donné aux gens la liberté, alors qu'ils gémissaient sous le joug des tyrans. C'est là une brève esquisse de la vie et du caractère du Prophète de l'Islam. Il a fondé une religion qui a enseigné aux gens à adorer et craindre seulement Allah, à Lui obéir et à demander, à Lui seul, le secours. La Chari`ah islamique, un code compréhensible couvre tous les aspects de la vie humaine, y compris les "droits", la "justice", "l'égalité" et la "liberté". La connaissance de la Chari`ah a été transmise par le Saint Prophète aux Membres de sa Famille (Ahl-Elbayt), lesquels sont les guides et les gardiens de la Ummah après lui. Les descendants du Saint Prophète Les Ahl-Elbayt ont été purifiés et honorés par Allah. Ce fait a été expliqué et corroboré par la célèbre déclaration du Saint Prophète, rapportée par un grand nombre de ses compagnons, et selon laquelle il laissait deux précieuses entités inséparables parmi Ses adeptes: Le Livre d'Allah et ses Ahl-Elbayt; et quiconque s'attache à toutes les deux est préservé de l'égarement(28). Dans une autre occasion, le Prophète a dit: "Les Membres de ma Famille sont comme l'Arche de Noé; quiconque y était monté a eu la vie sauve, et quiconque s'en était éloigné, a été perdu." Les Hadith et les récits historiques affirment unanimement que le terme "Ahl al-Bayt" s'applique uniquement à : Fâtimah al-Zahrâ', Ali al-Murtadhâ (Ibn Abi Tâlib), al-Hassan (ibn Ali) alMujtabâ et al-Hussayn (Ibn Ali) al-Chahîd. Les Ahl-Elbayt mentionnés dans le trente-troisième verset de la Sourate Al-Ahzâb ne comprennent personne d'autre que: Ali, Fâtimah, al-Hassan, al-Hussayn(29), et les neuf autres Imams descendant de l'Imam al-Hussayn, dont chacun possède la qualité d'infaillible. Fâtimah al-Zahrâ' Nous avons déjà présenté un résumé de la vie du Saint Prophète et nous allons exposer plus loin la biographie des Douze Imams Infaillibles. Il nous semble donc convenable de dire quelques mots ici sur la fille illustre du Saint Prophète, Fâtimah al-Zahrâ', la femme du Commandeur des croyants, et la mère d'al-Hassan et d'al-Hussayn. 

La Dame Fâtimah est une figure centrale parmi les Ahl-Elbayt, puisqu'elle est la fille du Prophète, la femme de Ali, la mère d'al-Hassan et d'al-Hussayn, et l'aïeule des neuf autres Imams infaillibles. Elle est née à la Mecque, le Vendredi, 20 Jumadi-II, huit ans avant la Hijrah (l'hégire - l'Émigration). C'est à propos d'elle que le Saint Prophète a dit: "Quiconque fait du mal à Fâtimah, me fait du mal à moi-même, et quiconque me fait du mal, fera du mal à Allah." Fâtimah a hérité de son illustre père l'esprit de sagesse, la détermination, la force de volonté, la piété, la sainteté, la générosité, la bienveillance, la dévotion envers Allah, le sacrifice de soi, l'hospitalité, l'endurance, la patience, le savoir, la noble disposition. "J'ai souvent vu ma mère, dit l'Imam al-Hussayn, absorbée dans la prière du crépuscule jusqu'à l'aube." Sa générosité et sa compassion pour les pauvres étaient telles, que pas un indigent n'a quitté sa porte sans avoir été servi. 





 Les successeurs du Saint Prophète 


Lorsqu'on sème des graines, on désire voir les plants grandir et fleurir. De son vivant, le Saint Prophète nommait toujours un administrateur pour chaque ville ou village dès qu'il était conquis. Chaque fois qu'il envoyait des troupes pour livrer un combat, il désignait un commandant, et parfois, même plusieurs commandants alternatifs. Chaque fois qu'il partait en voyage ou s'éloignait pour participer à une bataille, il nommait systématiquement un successeur pour prendre la charge de Médine. Le Saint Prophète n'ignorait pas le fait que la société musulmane aurait besoin, après sa disparition, d'un chef infaillible pour mettre en exécution les Lois divines et promouvoir les objectifs islamiques. Il savait également que sans un chef infaillible, la Communauté musulmane ne pourrait rester comme une nation vivante et vigoureuse. Dès lors, comment peut-on prétendre que le Saint Prophète qui chérissait l'Islam plus que toute autre chose, aurait pu le laisser sans garde ni escorte! En même temps, il n'était pas possible, non plus, qu'il ait laissé aux gens le soin de choisir son successeur, car celui-ci devait avoir des qualités spéciales de connaissances, de piété et d'infaillibilité. Il va de soi que le meilleur juge est Allah, et non pas les gens. Dès lors comment peut-on laisser les gens déterminer les mérites du plus haut ordre par consultation ou élection? Tout comme les prophéties concernant la venue du Saint Prophète, les prophéties concernant les Douze Imams se trouvent également dans les livres saints.  

L'Ancien Testament corrobore cette affirmation lorsqu'il relate la Promesse divine faite au Prophète Ibrâhîm, concernant ses deux fils, Is-hâq et Ismâ`îl: Selon ces propos d'Allah, tels qu'ils sont rapportés dans l'Ancien testament, les douze principes sont les douze Imams qui furent de la descendance d'Ismâ îl, fils d'Abraham (Ibrâhîm). D'après le pacte qu'Allah établit avec Abraham, celui-ci fut pourvu d'une lumière divine de guidance. La descendance d'Abraham fut dédoublée et divisée en deux branches, celle d'Ismâ'îl et celle d'Isaac, (Is-hâq). A travers Isaac, la descendance est passée par Jésus Christ, et à travers Ismâ'îl, par Abdul Muttalib. De nouveau, elle s'est dédoublée en deux branches et elle est passée à travers Abdullah par le Prophète Mohammad, et à travers Abou Tâlib par l'Imam Ali. Un hadith authentique et unanimement accepté rapporte que le Saint Prophète dit à de nombreuses occasions qu'il serait suivi de douze commandeurs(30), et selon une autre version, de douze califes(31)dont le premier serait Ali et le dernier al-Mahdi. Ainsi, il est évident que les successeurs du Saint Prophète ne doivent être nommés que par Allah. C'est pourquoi le Saint Prophète présenta Ali Ibn Abi Tâlib comme son successeur à diverses occasions. Nous avons tous entendu parler de l'événement de Ghadir . C'était l'une de ces occasions. Cet événement eut lieu vers la fin de la vie du Saint Prophète, lorsqu'il revenait du Pèlerinage d'Adieu. Dans un lieu appelé Ghadir Khum, le Saint Prophète proclama formellement Ali son successeur et Commandeur des croyants en présence de dix mille personnes. Malheureusement, certaines personnes ne permirent pas, pour diverses raisons, que cette volonté du Saint Prophète fût mise à exécution, et elle devint par conséquent une source de division entre les Musulmans. Chacun des onze autres membres de la Maison du Prophète (Ahl-Elbayt), qui lui succédèrent, fut aussi nommé par l'Imam précédent. La chaîne de transmetteurs et les récits de ces nominations sont enregistrés dans des livres authentiques de Hadith. Comme nous l'avons mentionné plus haut, les Imams ont été exclusivement choisis à travers une nomination faite par le Saint Prophète ou le précédent Imam. En fait ils avaient été désignés par Allah qui peut seul déterminer leur aptitude à occuper ce poste d'Imam. En outre, l'histoire atteste le fait que l'Imam Ali et les autres Imams possédaient les qualités saillantes qui firent d'eux les dirigeants compétents de la Ummah musulmane. Une étude de l'histoire et des sources de Hadith montrerait qu'aucun des compagnons du Saint Prophète n'était l'égal de l'Imam Ali quant à son savoir, sa piété, sa vaillance et ses autres vertus. Les fonctions et les qualifications L'Islam a prescrit de très hautes qualifications pour un Dirigeant divin. Celui-ci doit être, en effet, le plus sage, le plus vertueux et le plus aimable de tous. Il doit être aussi immunisé contre toutes sortes de péchés, de transgressions, d'erreurs, de fautes.  

Le Saint Prophète et les Imams, outre leur qualité de dirigeants religieux, sont, dans leur exercice de la direction de la société, responsables de toutes les fonctions gouvernementales, et ils doivent, en tant que tels, posséder les qualifications requises pour assurer cette responsabilité. Le Saint Prophète est le fondateur de la religion, les Imams en sont les protecteurs. L'un et les autres sont désignés par Allah. Le Prophète seul reçoit la révélation, l'Imam est l'héritier de tout le savoir prophétique. L'Imam ne reçoit pas de révélation, mais concernant sa proximité du ToutPuissant Allah, il est seulement celui qui vient après le Prophète. Le Prophète et l'Imam ont tous deux un rôle constructif à jouer et ne manquent pas de se sacrifier dans l'intérêt de la Ummah. Le rôle accompli par l'Imam al-Hassan dans le combat contre les hypocrites et le soulèvement contre l'appareil tyrannique est indéniable. L'Imam al-Bâqir et l'Imam al-Çâdiq ont contribué d'une façon évidente à la propagation des connaissances islamiques et d'autres sciences. L'Imam al-Redhâ a défendu les dogmes islamiques et a prémuni la guidance idéologique contre l'invasion des idées étrangères à une époque où l'Islam se répandait dans de vastes territoires du monde. Il en va de même pour le rôle joué par les autres Imams à leurs époques respectives. Donc, outre l'exercice de leur fonction commune de dirigeants religieux, chacun de ces Imams avait une mission spéciale en relation avec les circonstances spécifiques de son temps et de son époque. L'histoire nous informe que chaque Imam a accompli ses devoirs de la façon la plus majestueuse en se sacrifiant sur le chemin d'Allah. Il a été déjà démontré qu'un Imam doit être nommé par Allah et Son prophète, car personne d'autre ne sait qui est infaillible. De là, le Saint Prophète avait le devoir impérieux de présenter son successeur aux gens. S'il ne l'avait pas fait, il aurait failli à sa mission prophétique. Ce qui est impensable et inconcevable pour tout Musulman. C'est pourquoi les Chiites croient que le Prophète de l'Islam a désigné son successeur, lequel n'était autre qu'Ali Ibn Abi Tâlib, croyance corroborée et confirmée par des faits historiques. Non seulement le Prophète a nommé son successeur immédiat, mais il a également désigné tous les Imams qui lui succéderaient. Il a dit qu'il y aurait douze califes après lui, qu'ils appartiendraient tous à la tribu de Quraych, que le premier d'entre eux serait Ali, et le dernier le Mahdi Promis. Dans un autre Hadith, il a mentionné expressément les noms de tous les douze Imams. L'Imam Ali Al-Murtadhâ L'Imam Ali (que la paix soit sur lui), le premier Imam, était le cousin du Saint Prophète. Il est né dans la Maison Sacrée (la Ka`bah), à la Mecque, le Vendredi 13 du mois de Rajab, trente ans après l'Année de l'Eléphant (soit 570 après Jésus-Christ). Personne d'autre, ni avant lui ni après, n'est jamais né dans la Maison d'Allah le Très-Haut. Son père Abou Tâlib était le seul frère vrai du père du Prophète, Abdullah Ibn Abdul Muttalib.  

Sa mère était Fâtimah, la fille d'Asad Ibn Hâchim Ibn Abd Manaf. Elle était comme une mère pour le Prophète d'Allah. L'Imam Ali a grandi sous la tutelle du Saint Prophète. Comme l'a dit l'Imam lui-même: "Le Saint Prophète m'a élevé dans ses propres bras et m'a nourri de sa propre bouchée. Je l'ai suivi partout où il est allé, comme un petit chameau suivant sa mère. Chaque jour un nouvel aspect de son caractère rayonnait de sa personne, que j'acceptais et suivais comme un ordre." Sa proche et inséparable présence aux côtés du Saint Prophète pendant dix ans lui a fait assimiler toutes ses caractéristiques, tout son savoir, toute sa sagesse, tout son esprit de sacrifice, toute son endurance, toute sa bravoure, toute sa générosité, toute sa faculté oratoire et toute son éloquence. Dès sa première enfance, il se prosternait devant Allah avec le Saint Prophète. Il a dit lui-même: "Je fus le premier à prier Allah avec le Saint Prophète." (Nahj-al-Balâghah) Le célèbre historien, al-Allâmah al-Mas'oudi dit: "Ali a suivi les pas du Prophète, tout au long de son enfance. Allah l'a créé pur et saint, et l'a maintenu ferme dans le droit chemin." (Murûj al-Thahab) Bien que Ali fût indiscutablement le premier à embrasser l'Islam lorsque le Saint Prophète a demandé à son auditoire de le faire, et du fait même que depuis son enfance il avait été élevé par le Prophète et qu'il l'a suivi dans chacune de ses actions, y compris la prosternation devant Allah, on peut dire qu'il est né Musulman. L'Imam Ali accompagnait toujours le Saint Prophète pour le protéger des ennemis. Il avait l'habitude de copier les versets du Saint Coran dès qu'ils étaient révélés par l'Ange Gabriel. Il était si étroitement associé au Prophète d'Allah qu'aussitôt qu'un verset lui était révélé, le jour ou la nuit', l'Imam Ali se trouvait le premier à l'entendre. A l'occasion de "l'établissement du lien de la fraternité" (Mu'âkhât) entre les Muhâjirine et les Ançâr, le Saint Prophète a dit: "O Ali! Tu es mon frère aussi bien dans ce monde que dans l'autre"(32). Le Saint Prophète a dit aussi: "Je suis la Cité du Savoir; Ali en est la Porte."(33) Selon Omar Ibn al-Khattâb, le Prophète a dit à Ali: "Tu es à moi ce que Hârûn fut à Moise (Mûsâ)."(34) Le Saint Prophète a dit également: "Ali est avec la vérité, et la vérité est avec Ali; ils ne se sépareront pas jusqu'à ce qu'ils parviennent (à moi) au Bassin de Kawthar"(35).  

et: "Chaque Prophète a un successeur et héritier, or Ali est mon successeur et héritier."(36) Le caractère et l' envergure de l'Imam Ali sont décrits par al-`Allâmah al-Mas`oudi dans ces termes: "Si être le premier Musulman, le compagnon du Prophète dans l'exil, son compagnon de lutte pour la foi, son associé intime dans la vie, son proche parent, si être le vrai connaisseur de l'esprit des enseignements du Prophète et du Livre, si son abnégation et son sens de la justice, si sa connaissance de la loi et des sciences, constituent un droit à la prééminence, alors tout le monde doit considérer Ali comme le meilleur Musulman. Nous aurons beau rechercher parmi ses prédécesseurs et ses successeurs, nous ne trouverons jamais ces attributs chez tout autre que lui." ("Murûj al-Thahab") La dernière année de sa vie, le Saint Prophète était allé à la Mecque pour accomplir le pèlerinage. Au cours de son voyage de retour, lorsqu'il est arrivé à Ghadir Khum, le verset suivant lui a été révélé: "O Messager!Fais connaître ce qui 'a été révélé par ton Seigneur. Si tu ne le fais pas, tu n'auras pas fait connaître Mon Message. Allah te protégera contre les hommes. II ne dirige pas les incroyants. (Sourate al-Mâ'idah, 5:67) Conformément au commandement d'Allah, le Messager d'Allah s'est arrêté à l'endroit précité et a ordonné aux autres Musulmans de s'arrêter aussi. Il y avait environ 70 000 personnes rassemblées autour de lui. Il a ordonné qu'on dresse la chaire. Une fois la chaire dressée, il y est monté et il a levé les mains de Ali Ibn Abi Tâlib afin que les gens puissent le voir. Puis il a dit: "Celui qui me considère comme son maître, doit considérer Ali aussi comme son maître. O Allah! Sois l'ami de celui qui est l'ami d'Ali, et l'ennemi de quiconque est l'ennemi d'Ali.''(37) Gibbon(38) dit: "La naissance, l'alliance et le caractère d'Ali, qui l'ont rehaussé au-dessus de ses compatriotes, pouvaient justifier sa revendication du trône vacant d'Arabie. Le fils d'Abou Tâlib était parfaitement en droit d'être le Chef des Bani Hâchim et le prince héréditaire ou le gardien de la cité-temple de la Mecque."(39) Outre les nombreux mérites supérieurs qu'il possédait, l'Imam Ali était un poète éminent, un soldat courageux et un vénérable saint. Sa sagesse émerge encore dans une collection de dires moraux et religieux, et chaque antagoniste dans les combats livrés avec la langue ou le sabre, était subjugué par son éloquence et sa valeur. (voir: "Peak of Eloquence", Isp. 1977) Depuis la première heure de sa mission jusqu'aux derniers rites de ses funérailles, le Saint Prophète ne fut jamais délaissé par son ami généreux qu'il se plaisait à appeler son frère, son lieutenant, et le fidèle, le Aaron d'un autre Moïse, et à qui il avait marié sa fille la plus aimée, Fâtimah al-Zahrâ'.  

En l'an 40 de l'Hégire, au petit matin du 19 Ramadan, l'Imam Ali a été frappé d'un coup d'épée empoisonnée, porté par un Kharijîte, Abdul Rahmân Ibn Muljim, alors qu'il accomplissait ses prières dans le Masjid de Kufa. Il est mort le 21 Ramadan des suites de ses blessures, et a été enterré à Al-Najaf al-Achraf (Irak). Il était né dans la maison d'Allah et il est mort aussi dans une autre maison d'Allah, le Masjid de Kufa. Le Lion d'Allah, le plus brave et le plus gentil Musulman, avait commencé sa vie glorieuse dans la dévotion à Allah et à Son Prophète, et l'a terminée de la même façon. Et comme le dit le noble Coran: "Ne considérez pas ceux qui sont tués pour la Cause d'Allah comme morts. Ils sont vivants, mais vous n'en avez pas conscience." (Sourate al-Baqarah, 2:154) L'Imam al-Hassan al-Mujtabâ Le fils aîné de l'Imam Ali est né à Médine, le 15 Ramadan de l'an 3 de l'Hégire. Ayant appris l'heureuse nouvelle de la naissance de son petit-fils, le Saint Prophète est venu à la maison de sa fille chérie, Fâtimah, a pris le nouveau-né dans ses bras et l'a nommé "Hassan". La première période de sept ans de l'enfance de l'Imam fut bénie par le bienveillant patronage du Saint Prophète qui lui a transmis ses plus hautes qualités et l'a pourvu du Savoir divin, au point qu'il est devenu rayonnant de savoir, de tolérance, d'intelligence, de bonté et de valeur. Il était infaillible de naissance et doué de savoir céleste. Jâbir Ibn Abdullah al-Ançâri rapporte ces propos du Prophète: "Quiconque désire voir le maître de la jeunesse du Paradis, doit regarder le visage d'al-Hassan Ibn Ali." Al-Ghazâli a rapporté dans son livre "Ihyâ' al-`Ulûm" que le Saint Prophète a dit: "Al-Hassan me ressemble dans la création et dans la figure". Le Prophète a dit également: "Al-Hassan et al-Hussayn sont mes fils. Celui qui les aime m'aime et celui qui m'aime aime Allah, et celui qui aime Allah entre au Paradis. Celui qui déteste al-Hassan et al-Hussayn me déteste, et celui qui me déteste déteste Allah, et celui qui déteste Allah ira en Enfer"(40) Le décès du Saint Prophète a été suivi d'une période riche d'événements, lorsque le monde musulman s'est trouvé en proie à l'expansionnisme et à la conquête. Mais même dans cette phase révolutionnaire, l'Imam al-Hassan s'est dévoué à la mission sacrée de la propagation pacifique de l'Islam et des enseignements du Saint Prophète, avec son illustre père, l'Imam Ali. La majorité des Musulmans lui ont prêté serment d'allégeance après le décès de l'Imam Ali. A peine avait-il pris les rênes du califat, qu'il s'est heurté à la rivalité de Mu`âwiyeh, le Gouverneur de Syrie, qui lui a déclaré la guerre. Conformément à la Volonté d'Allah, et afin d'éviter l'effusion de sang chez les Musulmans, il a conclu un traité de paix avec Mu`âwiyeh, aux termes duquel il a pu sauver l'Islam et prévenir une guerre civile. Mais ce traité de paix ne signifiait pas la cession de la direction de la Ummah à Mu`âwiyah. Il signifiait seulement un transfert intérimaire de l'administration. S'étant dégagé des responsabilités administratives, l'Imam alHassan s'est consacré à la propagation de l'Islam et des enseignements du Saint Prophète à Médine. L'Imam al-Hussayn al-Chahîd Le Saint Prophète a dit: "Al-Hussayn est de moi et je suis d'al-Hussayn. Allah aime celui qui aime al-Hussayn." (41) Ya`lâ Ibn Murrah a rapporté les traditions suivantes de Çahih al-Termithî: "L'Imam al-Hussayn, le troisième Imam, est né à Médine, le 3 Cha'bân de l'an 4 de l'Hégire. A sa naissance le Messager a prophétisé que l'Islam serait secouru et rajeuni par son second petit-fils, al-Hussayn. Yazid, fils de Mu`âwiyeh, était connu pour son caractère maudit et sa conduite brutale. Il avait la mauvaise réputation d'être le plus débauché des hommes. Les gens, ayant connu et compris le caractère de Yazid se sont mis d'accord pour que Mu`âwiyeh ne désigne pas Yazid comme son successeur. Connu de peu de gens, un accord entre l'Imam al-Hassan et Mu' âwiyeh existait aussi, qui stipulait que ce dernier avait juré de ne pas nommer Yazid comme son successeur. Mais Mu`âwiyeh a violé son engagement et a désigné Yazid à sa succession. Yazid a demandé à l'Imam al-Hussayn de lui prêter serment d'allégeance. Mais ce dernier ne pouvait en aucun cas accéder à cette requête inadmissible. Les gens craignant la mort et la destruction dont les menaçait le tyran Yazid, se sont soumis à lui, mais l'esprit indomptable d'alHussayn n'accepta jamais de se plier devant le mal. Donc, il n'a pas admis la destruction de ce que son grand-père, le Saint Prophète, avait établi. Le refus du Saint Imam de faire allégeance à ce démon, a marqué le début de sa persécution. Il a donc fini par se réfugier à Médine pour mener une vie retirée. Mais même là-bas, on ne l'a pas laissé vivre en paix et il a été forcé de chercher refuge à la Mecque où il sera également harcelé et où Yazid complota son assassinat dans le pourtour même du grand sanctuaire de la Ka'bah. Pour sauvegarder le grand sanctuaire, al-Hussayn décida de quitter la Mecque pour Kufa, juste un jour avant le pèlerinage. Lorsqu'on lui demanda quelle était la raison de son mystérieux départ de la Mecque à la veille du pèlerinage, il répondit qu'il accomplirait le pèlerinage à Karbalâ', offrant comme sacrifice, non pas un animal, mais des parents, des proches et certains amis. Lorsque le Saint Imam est arrivé, avec son entourage, à Karbalâ', il a déclaré:  

"C'est là la terre du destin, c'est la terre de la souffrance et de la torture." Il est descendu de son cheval et a demandé à ses partisans de camper là, disant: "C'est là que nous tomberons en martyrs nous et nos enfants. C'est la terre à propos de laquelle mon grand-père, le Prophète, avait fait une prédiction et où sa prophétie sera certainement réalisée." A l'aube du 10 Moharram de l'an 61 de l'Hégire l'Imam fut totalement encerclé par une grande armée de Yazid et il vit Ibn Sa'ad ordonner à ses troupes de l'attaquer . Alors, al-Hussayn rassembla ses partisans et s'adressa à eux dans les termes suivants: "Allah nous a permis aujourd'hui de nous engager dans une guerre sainte, IL nous récompensera de notre martyre. Préparez-vous donc à combattre l'ennemi de l'Islam avec patience et persévérance. O fils des gens nobles et respectables, Soyez patients! La mort n'est rien qu'un pont que vous devez traverser après avoir fait face aux épreuves et afflictions, pour atteindre le Paradis et ses joies. Qui d'entre vous n'aimerait pas quitter cette prison (ce monde) pour des palaces élevés (le Paradis)? "Ayant entendu le discours de l'Imam, tous ses compagnons furent transportés et s'écrièrent: "O maître! Nous sommes prêts à te défendre ainsi que les Gens de la Famille, et de nous sacrifier pour la cause de l'Islam." Al-Hussayn envoya ses compagnons l'un après l'autre pour se battre et se sacrifier dans le chemin d'Allah. Finalement, lorsque ses hommes et ses enfants eurent offert leur vie, l'Imam amena son fils de six mois, Ali al-Açghar, et le tenant dans ses mains, il demanda un peu d'eau pour le nourrisson qui mourait de soif. L'enfant assoiffé reçut une flèche empoisonnée mortelle, lancée par Harmalah, l'un des assaillants de l'armée brutale de Yazid. La flèche traversa la nuque de l'enfant et s'immobilisa dans les bras du père désarmé. A la fin lorsque l'enfant de six mois fut mort, al-Hussayn s'adressa à Allah dans les termes suivants: "O Allah! Ton Hussayn a offert dans Ton chemin tout ce dont tu l'avais béni. Bénis donc Ton Hussayn, O Seigneur, par l'acceptation de ce sacrifice. Tout ce qu'a pu faire al-Hussayn jusqu'à maintenant, c'était grâce à Ton secours et Ta Miséricorde." L'Imam est descendu finalement dans le champ de bataille et est tombé en martyr. Les détails de son assassinat impitoyable sont déchirants. Les forces de Yazid, après avoir assassiné l'Imam alHussayn, ont coupé sa tête et l'ont placée sur une lance. La tête coupée du Saint Imam s'est mise à glorifier Allah depuis le bout de la lance en disant: "Allahu Akbar" (Allah est le plus Grand!) Après que la tête eut été tranchée, on a piétiné le corps d'al-Hussayn, saccagé ses tentes et pris en captivité les membres de sa famille. Les parents et les proches d'al-Hussayn furent dépêchés d'une façon très expéditive, à Damas, où les attendaient des épreuves encore plus difficiles.  

L'Imam Ali Zayn al-`Âbidine 

 Le quatrième Imam, Ali Ibn al-Hussayn est né à Médine, le 15 Jumâdi-I de l'an 37 de l'Hégire (685) après J.C.). Il était populairement appelé "Zayn al-`Âbidine."  

L'Imam Zayn al-`Âbidine a survécu environ 34 ans à son père et a passé sa vie en priant et en suppliant Allah, ainsi que dans la commémoration du martyre de son père. C'est en raison de ses prières et prosternations perpétuelles qu'on l'a surnommé "al-Sajjâd" (le Prosternant). Le Saint Imam n'a pas eu la possibilité d'accomplir ses prières en paix, ni de prononcer des sermons. Le Lieutenant d'Allah sur terre a adopté, donc, trois directions qui se sont avérées bénéfiques pour ses adeptes. Il a d'abord continué à compiler des invocations et des supplications pour l'usage quotidien l'homme, s'efforçant de s'approcher du Tout-Puissant Allah. La collection inestimable de ses invocations éditées est connu sous le titre de "Al-Çahîfah al-Sajjâdiyyah". Cette collection est un trésor inappréciable d'étonnantes invocations d'Allah, très touchantes, rédigées dans un style beau et inimitable. Même si l'on se contentait de feuilleter seulement ces invocations, on constaterait leur excellence et leur béatitude. A travers lesdites invocations, l'Imam a présenté la guidance nécessaire pour le fidèle dans la solitude(42). L'Imam Mohammad al-Bâqir Le cinquième Imam Mohammad al-Bâqir est né à Médine, le 1 Rajab de l'an 57 de l'Hégire (677 après J.C.). Il a acquis populairement le titre d' "al-Bâqir." L'Imam al-Bâqir a été élevé dans le saint giron de son grand-père, l'Imam al-Hussayn. Pendant 34 ans, il a vécu sous le patronage de son père, l'Imam Zayn al-`Âbidine. Un célèbre savant musulman, Ibn Hajar al-'Açqalâni dit: "L'Imam Mohammad al-Bâqir a percé les secrets du savoir et de la sagesse, et déplié les principes de la guidance spirituelle et religieuse. Personne ne peut nier son caractère sublime, sa science infuse, sa sagesse accordée par Allah, son rôle louable dans la diffusion du savoir. Il était un haut dirigeant spirituel talentueux, et pour cette raison, il a eu droit au titre populaire d' "al-Bâqir", qui signifie "le Perceur du Savoir."" Bon coeur, de caractère irréprochable, l'âme sacrée, la nature noble, l'Imam a consacré tout son temps à faire preuve de sa soumission à Allah et à préconiser les enseignements du Saint Prophète et de ses descendants. Il est hors du pouvoir d'un homme de décrire la profonde impression de savoir et de guidance laissée par l'Imam sur les coeurs des fidèles. Ses dires sur la dévotion et l'abstinence, le savoir et la sagesse, les exercices religieux, la soumission à Allah, sont si nombreux que le volume de ce livre est tout à fait insuffisant à les couvrir tous."(43) L'Imam Ja` far al-Çâdiq Le sixième Imam, Ja'far al-Çâdiq est né le Vendredi 17 Rabi' al-Awwal de l'an 83 de 1'Hégire. Son célèbre titre était "al-Çâdiq" (Le Véridique). Il a été élevé par son grand-père, l'Imam Zayn al-'Abidine pendant 12 ans, et ensuite sous le patronage de son père, I'Imam Muhammad al-Bâqir pendant 19 ans. La période de son Imamat a coïncidé avec la période la plus révolutionnaire et la plus fertile en événements de l'histoire musulmane, la période où l'on a assisté à la chute de l'Empire omayyade et à la montée de la dynastie abbasside. Les guerres intestines et les bouleversements politiques apportaient des changements rapides dans le gouvernement. Donc le Saint Imam a assisté aux règnes de différents rois, depuis la chute d'Abdul Malik jusqu'au souverain omayyade, Marwân Ibn al-Hakam. Il a survécu jusqu'à l'époque de Abul Abbâs al-Saffâh et d'al-Mançour, tous deux de la dynastie abbasside. C'est grâce au conflit qui opposait Omayyades et Abbassides que l'Imam a été laissé tranquille et il a pu accomplir ses devoirs de dévotion en paix. L'Imam s'est acquitté de sa mission en propageant l'Islam et en diffusant les enseignements du Saint Prophète. La chute des Omayyades et la montée des Abbassides ont constitué les deux importants événements de l'histoire musulmane. C'était la période la plus chaotique et la plus anarchique, pendant laquelle les Musulmans ont été corrompus et les enseignements du Saint Prophète négligés. L'état d'anarchie était en progression. On se trouvait au milieu d'une telle obscurité mortelle que le personnage de l'Imam Ja'far al-Çâdiq se dressait comme un phare déversant continuellement sa lumière pour éclairer les vastes étendues des ténèbres pécheresses qui l'entouraient. Le monde s'inclinait devant sa personnalité vertueuse et admirable. Abou Salma Khallâl lui a offert le trône du califat, mais l'Imam, perpétuant la tradition caractéristique de ses ancêtres a décliné fermement cette offre en raison des conditions critiques qui prévalaient à l'époque. Grâce à sa large connaissance, il triomphait toujours, dans ses débats avec le clergé des ordres rivaux, tels les Chrétiens et les Juifs. L'esprit souple et érudit de l'Imam al-Çâdiq dans les différentes branches du savoir a été salué dans tout le monde musulman. Il a attiré vers lui tellement d'étudiants de tous les coins du monde que le nombre de ses disciples a dépassé quatre mille. Les savants et les experts en Loi divine ont rapporté de lui de nombreux hadith. Ses disciples ont compilé des centaines de livres relatifs aux différentes branches de la science et de l'art. Outre le "Fiqh" (la Jurisprudence), le "Hadith" (la Tradition) et le "Tafsîr" (l'exégèse), l'Imam dispensait également des cours de mathématiques et de chimie à certain s de ses disciples. Jâbir Ibn Hayyân al-Tartûcî, le célèbre savant en mathématiques était l'un des disciples de l'Imam, et a beaucoup appris des connaissances et de la guidance de ce dernier, ce qui lui a permis d'écrire 400 livres sur des sujets divers. C'est une vérité historique indéniable que d'affirmer que tous les grands savants de l'Islam étaient redevables, pour ce qui concerne leur instruction, aux Ahl-Elbayt qui constituaient la fontaine des connaissances et de l'instruction pour tout le monde. Al-'Allamah al-Chiblî écrit dans son livre "Sirat al-Nu`mân'': "Abou Hanifah a fréquenté pendant une très longue période l'Imam al-Çâdiq, acquérant auprès de lui des connaissances étendues et précieuses en matière de Fiqh et de Hadith. "Tous les deux math-hab (rites) islamiques -le sunnisme et le chiisme - croient que la source des connaissances d'Abou Hanifah provenait principalement de son association avec l'Imam alCâdiq." L'Imam a consacré toute sa vie au prêche des enseignements du Saint Prophète. En raison de ses immenses connaissances et de ses nobles enseignements, les gens se sont rassemblés autour de lui avec toute la dévotion et toute la révérence qui lui étaient dues. Cette haute position n'a pas manqué de susciter la jalousie du gouvernant abbasside, Mançour al-Dawânîqî qui, craignant la popularité de l'Imam, a décidé de le supprimer. L'Imam mourra effectivement des suites d'un empoisonnement, le 15 Rajab de l'an 148 de l'Hégire. L'Imam Moussâ al-Kâdhim L'Imam Moussâ, le septième Imam, est né le dimanche 17 Çafar de l'an 128 de l'hégire, à Abwa (Médine). "Kâdhim" était son célèbre surnom. Sa dévotion et ses actes d'adoration inégalables envers Allah lui ont valu l'épithète d' "al-`Abd al-Çâlih" (le serviteur vertueux d'Allah). Sa générosité était synonyme de son nom, et aucun nécessiteux n'a jamais quitté sa porte, les mains vides. Même après sa mort, il a continué à être obligeant. Il était généreux envers les fidèles qui venaient prier sur sa Tombe sacrée, puisque les prières et les voeux de ceux-ci étaient toujours exaucés par Allah. Après le décès de l'Imam al-Çâdiq, l'Imam al-Kâdhim lui a succédé comme septième Imam. La période de son Imamat a duré 35 ans. Pendant la première décade de son Imamat, l'Imam Moussâ al-Kâdhim a pu s'acquitter paisiblement des responsabilités de sa mission et accomplir la tâche de la diffusion des enseignements du Saint Prophète. Mais, plus tard, il a été victime de la tyrannie du pouvoir régnant. Toutefois, il a réussi à passer la plus grande partie de sa vie à aider les pauvres et les nécessiteux. Sa générosité était telle, qu'il avait l'habitude de prendre en charge les pauvres et les indigents de Médine en leur fournissant, sans se faire connaître, de l'argent, de la nourriture, des vêtements et d'autres moyens de subsistance. Il est resté une énigme pour ceux qui en recevaient des dons durant sa vie, car ils ne savaient pas qui était leur bienfaiteur. Cette énigme n'a été résolue qu'après sa mort. Le temps et les circonstances ne lui ont pas permis d'établir des institutions en vue de dispenser des connaissances religieuses à ses partisans, à l'instar de son père, l'Imam al-Çâdiq, lequel, lui non plus, n'avait jamais été autorisé à organiser des rassemblements. Il a poursuivi sa mission de prêcher parmi les gens et de les guider discrètement. Il a également écrit quelques livres dont le plus célèbre est "Musnad al-Imam al-Kâdhim." L'Imam Ali al-Redhâ L'Imam Ali al-Redhâ est né le 11 Thil- Qa'dah de l'an 148 H., à Médine. Al-Redhâ était son surnom. Il a été élevé sous la guidance de son père pendant 35 ans. Sa propre perspicacité et l'éclat de sa science en matière de religion, combinées avec l'entraînement et l'éducation dispensées par son père, ont fait de lui un dirigeant spirituel inégalable. L'Imam al-Redhâ était un exemple vivant de la piété du Saint Prophète, et de la courtoisie et de la générosité de l'Imam Ali. L'Imam al-Redhâ avait hérité de grandes qualités de coeur et d'esprit de ses ancêtres. Il était un esprit érudit et il maîtrisait même plusieurs langues. Ibn al-Athîr al-Jazeri a écrit très justement que l'Imam al-Redhâ avait été indubitablement le plus grand sage, le plus grand saint et le plus grand savant du deuxième siècle de l'Hégire.  

popularité de l'Imam, a décidé de le supprimer. L'Imam mourra effectivement des suites d'un empoisonnement, le 15 Rajab de l'an 148 de l'Hégire. L'Imam Moussâ al-Kâdhim L'Imam Moussâ, le septième Imam, est né le dimanche 17 Çafar de l'an 128 de l'hégire, à Abwa (Médine). "Kâdhim" était son célèbre surnom. Sa dévotion et ses actes d'adoration inégalables envers Allah lui ont valu l'épithète d' "al-`Abd al-Çâlih" (le serviteur vertueux d'Allah). Sa générosité était synonyme de son nom, et aucun nécessiteux n'a jamais quitté sa porte, les mains vides. Même après sa mort, il a continué à être obligeant. Il était généreux envers les fidèles qui venaient prier sur sa Tombe sacrée, puisque les prières et les voeux de ceux-ci étaient toujours exaucés par Allah. Après le décès de l'Imam al-Çâdiq, l'Imam al-Kâdhim lui a succédé comme septième Imam. La période de son Imamat a duré 35 ans. Pendant la première décade de son Imamat, l'Imam Moussâ al-Kâdhim a pu s'acquitter paisiblement des responsabilités de sa mission et accomplir la tâche de la diffusion des enseignements du Saint Prophète. Mais, plus tard, il a été victime de la tyrannie du pouvoir régnant. Toutefois, il a réussi à passer la plus grande partie de sa vie à aider les pauvres et les nécessiteux. Sa générosité était telle, qu'il avait l'habitude de prendre en charge les pauvres et les indigents de Médine en leur fournissant, sans se faire connaître, de l'argent, de la nourriture, des vêtements et d'autres moyens de subsistance. Il est resté une énigme pour ceux qui en recevaient des dons durant sa vie, car ils ne savaient pas qui était leur bienfaiteur. Cette énigme n'a été résolue qu'après sa mort. Le temps et les circonstances ne lui ont pas permis d'établir des institutions en vue de dispenser des connaissances religieuses à ses partisans, à l'instar de son père, l'Imam al-Çâdiq, lequel, lui non plus, n'avait jamais été autorisé à organiser des rassemblements. Il a poursuivi sa mission de prêcher parmi les gens et de les guider discrètement. Il a également écrit quelques livres dont le plus célèbre est "Musnad al-Imam al-Kâdhim." L'Imam Ali al-Redhâ L'Imam Ali al-Redhâ est né le 11 Thil- Qa'dah de l'an 148 H., à Médine. Al-Redhâ était son surnom. Il a été élevé sous la guidance de son père pendant 35 ans. Sa propre perspicacité et l'éclat de sa science en matière de religion, combinées avec l'entraînement et l'éducation dispensées par son père, ont fait de lui un dirigeant spirituel inégalable. L'Imam al-Redhâ était un exemple vivant de la piété du Saint Prophète, et de la courtoisie et de la générosité de l'Imam Ali. L'Imam al-Redhâ avait hérité de grandes qualités de coeur et d'esprit de ses ancêtres. Il était un esprit érudit et il maîtrisait même plusieurs langues. Ibn al-Athîr al-Jazeri a écrit très justement que l'Imam al-Redhâ avait été indubitablement le plus grand sage, le plus grand saint et le plus grand savant du deuxième siècle de l'Hégire.  

Al-Ma'moun ne pouvait pas s'empêcher de le tenir en grande estime, en raison de sa grande piété, sa sagesse, son savoir, sa modestie, sa bienséance et sa personnalité. Aussi a-t-il décidé de le nommer héritier présomptif du trône. En l'an 200 de l'Hégire, il a convoqué les Abbassides à sa cour. Trente-trois mille Abbassides ont répondu à l'invitation et ont été reçus comme convives royaux. Durant leur séjour dans la capitale, al-Ma'moun observait de très près et notait leurs capacités et il est enfin parvenu à la conclusion qu'aucun d'entre eux ne méritait de lui succéder. C'est pour cela qu'il les a réunis en l'an 201 H. en assemblée pour leur dire en termes catégoriques que personne parmi les Abbassides n'était digne de prendre sa succession. Aussi leur a-t-il demandé de prêter serment d'allégeance au cours de cette même assemblée, à l'Imam al-Redhâ, et a-t-il déclaré que dans l'avenir les robes royales seraient vertes - une couleur dont la seule distinction était le fait d'être celle des vêtements de l'Imam. Un décret royal fut publié qui stipulait que l'Imam al-Redhâ succéderait à al-Ma'moun et que son titre serait: "Ali al-Redhâ min Ale Mohammad" (Ali al-Redhâ, de la Famille du Prophète Mohammad). Même après la déclaration de succession où l'Imam avait toute possibilité de mener une splendide vie royale mondaine, il n'accorda aucune attention au confort matériel, et se consacra totalement à la diffusion de l'idéologie islamique à partir du Saint Coran et des enseignements du Saint Prophète. Il passa l'essentiel de son temps a prier Allah et à servir les gens. Al-Ma'moun a fini par lui faire administrer un poison mortel, à la suite de quoi il rendit l'âme, le 23 Thil- Qa`'dah de l'an 203H. L'Imam Mohammad al-Taqî L'Imam Mohammad al-Taqî est né le Vendredi 10 Rajab en l'an 195 H., à Médine (811 après J.C.). Son surnom était "al-Taqî" (le Pieux). L'Imam al-Taqî a été élevé par son père, l'Imam al-Redhâ, pendant quatre ans. Son père ayant été obligé d'émigrer de Médine à Khurâsân (Iran), a laissé son Jeune fils derrière lui à Médine. L'Imam était tout à fait conscient de la duplicité du gouvernant et avait presque la certitude qu'il ne reviendrait pas à Médine. Il désigna son fils Mohammad al-Taqî comme son successeur, et lui transmit tous ses trésors de connaissances divines et tout son génie spirituel. La durée de la vie de l'Imam al-Taqî fut plus courte que celle de ses prédécesseurs et de ses successeurs. Il est devenu Imam à l'âge de huit ans et il est mort empoisonné à l'âge de vingt-cinq ans. Néanmoins, son savoir n'avait pas de limites et il commandait le respect et l'estime de tous. Le Saint Imam incarnait l'affabilité du Prophète et les connaissances de l'Imam Ali. Ses qualités héritées comprenaient la vaillance, la piété, la charité, l'instruction, la clémence et la tolérance. Les aspects les plus brillants et les plus saillants de sa nature et de son caractère étaient l'hospitalité et la courtoisie envers tout le monde sans aucune discrimination, l'aide aux nécessiteux, la reconnaissance de l'égalité dans toutes les circonstances, la vie dans la simplicité, l'aide aux orphelins, aux pauvres et aux sans-logis, la disposition à dispenser des cours pour ceux qui s'intéressaient à l'acquisition de la connaissance, et à guider les gens dans le droit chemin. Pour consolider son empire, l'empereur abbasside, al-Ma'moun a pensé qu'il était nécessaire de gagner la sympathie et le soutien des Iraniens qui s'étaient montrés toujours amicaux envers les Ahl-Elbayt. Par conséquent, al-Ma'moun était obligé, du point de vue politique, d'établir des contacts avec la tribu des Bani Fâtimah aux dépens de ses liens avec les Bani Abbas (Abbassides), afin de s'attirer le soutien des Chiites. Conformément à cet objectif, il a déclaré l'Imam al-Redhâ son héritier, même contre la volonté de l'Imam lui-même, auquel il a en outre marié sa soeur, Om Habibah. Al-Ma'moun attendait de l'Imam al-Redhâ, après avoir pris ces mesures, qu'il lui prêtât son soutien dans les affaires politiques de l'Etat. Mais lorsqu'il comprit que l'Imam s'intéressait peu aux affaires politiques et que les masses se soumettaient de plus en plus à lui en raison de son éminence spirituelle, il l'empoisonna. Cependant les raisons qui l'avaient conduit à nommer l'Imam Al-Redhâ héritier présomptif étaient encore valables. C'est pourquoi il a manifesté son désir de marier sa fille Om Al-Fadhl à l'Imam Al-Taqî, et c'est dans ce dessein qu'il a invité l'Imam à quitter Médine pour venir en Iraq. Les Bani Abbas furent déconcertés lorsqu'ils apprirent qu'Al-Ma'moun avait projeté de marier sa fille à l'Imam Al-Taqî. Une délégation de quelques notables se rendit auprès de lui pour le dissuader de poursuivre son objectif. Mais Al-Ma'moun continua à admirer l'instruction et les qualités de l'Imam. Il se serait dit que bien que l'Imam fût encore jeune, il était le vrai successeur de son père à tous les égards et que les plus érudits des savants du monde musulman ne pouvaient rivaliser avec lui. Lorsque les Abbassides ont constaté qu'Al-Ma'moun attribuait la supériorité de l'Imam à son instruction, ils ont choisi Yahyâ Ibn Aktham, le plus grand savant et juriste de Bagdad, pour le lui opposer. Al-Ma'moun a publié une proclamation et a organisé une réunion pour ce face-à-face qui a attiré des gens de toutes les régions du royaume. A part la noblesse et les hauts dignitaires, environ neuf cents places avaient été réservées uniquement pour les savants et l'intelligentsia. Tout le monde était étonné de voir un petit enfant s'opposer au vétéran juge (Qâdhi Al-Qudhât) et au plus grand savant irakien en matière de lois religieuses. L'Imam Al-Taqî s'est assis à côté d'Al-Ma'moun, sur son trône, en face de Yahiyâ Ibn Aktham qui s'est adressé à l'Imam: "Permets-tu que je te pose une question?" "Demande ce que tu desserrés" répondit l'Imam sur le même ton confiant que ses ancêtres. Yahiyâ lui demanda: "Quel est ton verdict à propos d'un homme qui s'autorise la chasse pendant qu'il est en état d'Ihrâm ?" (Selon la loi religieuse, la chasse est interdite aux pèlerins en état d'Ihrâm). L'Imam répondit sans hésitation: "Ta question est vague et fallacieuse. Tu dois préciser s'il a chassé à l'intérieur des limites du Territoire Sacré ou à l'extérieur, s'il était lettré ou illettré, s'il était esclave ou un citoyen libre, s'il était mineur ou majeur, s'il l'a fait pour la première fois ou s'il l'avait déjà fait, si son gibier était un oiseau ou une autre créature, si le chasseur s'est repenti de son action ou s'il y a persisté, s'il a chassé secrètement ou ouvertement, si l'Ihrâm était pour la `Omrah ou pour le Hajj? Tant que tous ces points ne seront pas explicités, aucune réponse appropriée ne pourra être donnée à cette question." Le Qâdhi Yahyâ est resté bouche bée pendant qu'il écoutait ces propos de l'Imam, et toute l'assemblée en était abasourdie. Al-Ma'moun a éprouvé un plaisir sans limite. Il exprima ses sentiments de joie et d'admiration par des «"Ahsanta, Ahsanta Yâ Abâ Ja`far'' (BRAVO! Bien dit!) O Abou Ja`far! Ton instruction et tes connaissances sont au-dessus de toutes louanges». Comme Al-Ma'moun voulait que l'adversaire de l'Imam fût totalement mis à nu, il dit à l'Imam: "Tu pourrais, toi aussi, poser quelques questions à Yahyâ Ibn Aktham." Alors, Yahyâ dit lui aussi à l'Imam, mais à contrecoeur: "Oui, tu peux me poser quelques questions. Si j'en connais la réponse, je répondrais, autrement, je te prierais d'y répondre toimême." Sur ce, l'Imam a posé une question à laquelle Yahyâ n'a pu répondre. Finalement, c'est l'Imam qui a répondu à sa propre question. Al-Ma'moun s'est alors adressé à l'auditoire: "N'ai-je pas dit que l'Imam vient d'une famille qui a été choisie par Allah comme un répertoire de la connaissance et de l'instruction? Y a-t-il quelqu'un dans le monde, qui puisse se mesurer même avec les enfants de cette famille? " Tout le monde s'est écrié: "Sans aucun doute, il n'y a pas d'égal à Mohammad Al-Taqi." Devant cette même assemblée, Al-Ma'moun a marié sa fille, Om Al-Fadhl, à l'Imam, et il a distribué généreusement charité et cadeaux parmi ses sujets en signe de réjouissances. Un an après son mariage, l'Imam a quitté Bagdad pour retourner avec sa femme à Médine où il s'est mis à prêcher les commandements d'Allah. Sa femme, la fille d'Al-Ma'moun, Om Al-Fadhl, finit par l'empoisonner, et il est mort le 29 ou le 30 Thil- Qa'dah de l'an 220 de l'Hégire. L'Imam Ali Al-Naqî L'Imam Ali Al-Naqi est né à Surba, aux environs de Médine, le Vendredi 15 Thil- Hajj de l'an 212 H. ou selon une autre version, le 5 Rajab, en l'an 214 H. L'Imam Ali Al-Naqi a été, comme son père, élevé au rang d'Imam dans son enfance. Il avait six ans lorsque son père, l'Imam Al-Taqî est tombé en martyr. Après la mort d'Al-Ma'moun, AlMu`taçim lui succéda, et c'est le calife Al-Wâthiq Billâh qui lui succédera bientôt. Pendant les premières années du règne d'Al-Wâthiq, l'Imam Al-Naqî vécut en paix. Après Al-Wâthiq Billâh, Al-Mutawakkil accéda au pouvoir. Etant très occupé aux affaires de l'Etat, il n'eut guère le temps de harceler l'Imam et ses partisans pendant quatre ans. Mais, une fois libéré de ses affaires étatiques, il commença à s'attaquer à l'Imam. Le Saint Imam se consacrait à la mission de prêcher à Médine, et avait gagné en conséquence la gratitude des gens, leur allégeance, et leur reconnaissance de son grand savoir et de ses attributs. Cette réputation de l'Imam suscita la jalousie et la malice d'Al-Mutawakkil contre lui.  

Le Gouverneur de Médine écrivit à Al-Muta-wakkil pour l'informer que l'Imam al-Naqi préparait un coup contre le gouvernement et qu'une foule de Musulmans étaient engagés à le soutenir. Bien qu'enragé par cette nouvelle, Al-Mutawakkil préféra encore observer la politique de nonarrestation du Saint Imam, fondée sur l'invocation d'un prétendu respect et amour dus à la dignité d'Imam. Il le fit cependant emprisonner à vie après l'avoir invité à son palais. L'Imam finit par être empoisonné mortellement le 3 Rajab , en l'an 254 de l'Hégire . L'Imam Al-Hassan Al-'Askari L'Imam Al-Hassan Al-`Askari est né le lundi 8 Rabi`-II de l'an 232 de l'Hégire, à Médine. Il était connu particulièrement sous l'appellation d'"Al-`Askari." L'Imam Al-`Askari a passé vingt-deux ans de sa vie sous le patronage de son père, l'Imam Ali Al-Naqi. Et c'est après son martyre qu'il est devenu Imam, divinement commissionné. A son époque, les gouvernants abbassides étaient empêtrés dans des luttes politiques. Ils craignaient cependant beaucoup l'existence de l'Imam Al-`Askari, l'Imam intègre, divinement ordonné et issu de la Famille du Saint Prophète, d'autant plus qu'ils avaient appris que le fils de ce Saint Imam serait le sauveur de l'humanité pour toutes les époques et jusqu'au Jour du Jugement. Aussi infligèrent-ils à l'Imam toutes sortes de tourments, et il passa la plus grande partie de sa vie en prison, et beaucoup de restrictions furent imposées à sa liberté de mouvement. Malgré tout cela, il a toujours su s'acquitter des devoirs de l'Imamat avec sang-froid et dans la dignité. Le Saint Imam était très occupé à la diffusion de la connaissance religieuse et à la guidance des gens vers le droit chemin. L'histoire montre que les exégètes du Saint Coran ont souvent cité les interprétations des versets coraniques faites par l'Imam Al-'Askari. Al-Mo`tamad, le gouvernant abbasside, ayant constaté que le monde chantait les louanges de l'Imam, en fut rongé de jalousie, et craignant que les gens ne déclarent ouvertement leur allégeance à l'Imam, il le fit assassiner par empoisonnement le 8 Rabi`-I, de l'an 260 H. L'Imam Mohammad Al-Mahdî Il existe une bonne part d'harmonie et d'uniformité entre les aspects qui ont rapport à la naissance du Prophète Mohammad, le dernier Prophète d'Allah, et celle de l'Imam al-Mahdi, le dernier Imam. Tout comme la venue du Saint Prophète avait été annoncée bien à l'avance par les précédents Prophètes, la nouvelle de la naissance imminente et bénie de l'Imam al-Mahdi avait été prédite par le Saint Prophète. D'innombrables traditions concernant ce sujet, rapportées directement du Saint Prophète se trouvent dans beaucoup d'ouvrages de Musnad, de Çahih, de Akhbâr, ainsi que dans les écrits des savants chiites. Beaucoup de savants chiites ont réuni ces Hadith dans des livres à part, comme "al-Bayân Fi Akhbâr Çâhib al-Zamân", d'Al-Hâfidh Mohammad Ibn Yusuf al-Çhâfi`i' "Çahih Abou Dâoud", "Sunan Ibn Maja." Tous ces livres mentionnent les Hadith témoignant de l'avènement d'al-Mahdi. (Voir: "The Awaited Saviour", Isp. 1979)  

L'Imam est né à Samarrâ le 15 Cha`bân, de l'an 225 H. Les aspects importants et singuliers, de sa naissance ressemblent beaucoup à ceux de la naissance du Prophète Moïse. La naissance de Moise avait annoncé la chute et l'extinction de l'Empire de Pharaon qui ordonna l'assassinat de tous les nouveau-nés mâles des Bani Isrâ'îl. Les rois abbassides, pour leur part, craignaient la réalisation des prédictions attribuées au Saint Prophète concernant la naissance d'al-Mahdi qui devait jeter l'anathème sur leur empire. Aussi ont-ils préparé une embuscade pour découvrir la naissance de l'Imam et mettre fin à sa vie. Mais l'avènement de la naissance de l'Imam fut enveloppé et entouré de la même protection divine et des mêmes phénomènes miraculeux qui avaient marqué la naissance historique du Prophète Moïse. Sa naissance fut gardée secrète et sa chambre maintenue à l'abri de toute curiosité. Seuls quelques fidèles proches furent au courant de l'événement. Lorsque la mère de l'Imam fut conduite devant al-Mo`tamad dans le cadre de l'enquête sur la naissance du douzième Imam, elle se permit d'affirmer, pour sauvegarder sa propre vie et protéger son fils, qu'elle n'avait jamais senti en elle les symptômes de la maternité ni aucun spasme. Le Calife abbasside s'abstint donc pour le moment de la harceler, mais la plaça sous la surveillance étroite du Qâdhî Abou Chorab, auquel il confia la sale besogne de tuer tout enfant qui naîtrait d'elle. Peu après cet incident, le Royaume abbasside connut une période révolutionnaire qui dérouta alMo`tamad. C'est ainsi, qu'il eut à faire face à l'invasion de Çâhib Zanj qui avait razzié le Hijâz et le Yémen, et lancé ses bandes de pillards et d'incendiaires à travers le Royaume abbasside, soumettant le gouvernement de Bagdad, la capitale, à un chaos complet. Al-Mo'tamad était donc naturellement trop occupé par la guerre pour prêter attention à la mère de l'Imam qui fut relâchée après six mois de harcèlements, pour ne plus être interrogée sur la naissance du douzième Imam. L'Imam al-Mahdi fut élevé par son père, l'Imam al`Askari, le onzième Imam, qui eut recours aux mêmes mesures de protection (pour élever son fils) qu'avait adoptées Abou Tâlib pour sauvegarder le Saint Prophète. Il avait l'habitude de prendre soin de son fils dans un coin de la maison pendant quelques jours avant de le transférer dans un autre coin, afin que personne ne sache où se trouvait exactement l'enfant. Pendant que l'Imam al-`Askari gardait dans le secret total la naissance de l'enfant et les affaires de son enfance, il permit à un nombre réduit de personnes dévouées et d'amis fidèles d'avoir accès à lui, afin qu'ils puissent se familiariser avec leur Imam présumé à qui ils devraient faire leur allégeance. Ci-après les noms de quelques personnes - cités par des livres de Hadith authentiques appartenant à la fois au Sunnisme et au Chiisme -qui ont eu l'honneur d'avoir vu personnellement l'Imam al-Mahdi. En effet, lorsque le fils de l'Imam al-`Askari est né, celui-ci lui a donné le nom de Mohammad, et au troisième jour de sa naissance, il l'a montré à quelques-uns de ses adeptes, en déclarant à leur adresse:  

"Voici mon successeur et votre Imam présumé. Il est le vrai Qâ'im devant lequel vos têtes seront baissées par révérence pour lui. II réapparaîtra pour remplir la terre de bénédiction et de justice après avoir été pleine de péchés et de vices." Ali Ibn Bilâl, Ahmad Ibn Hilâl, Mohammad Ibn Mu`âwiyeh Ibn al-Hakam et Hassan Ibn Ayyûb Ibn Nûh ont mentionné qu'ils étaient venus auprès de l'Imam al-`Askari avec une délégation de quarante personnes. L'Imam leur a montré l'enfant et leur a dit: "C'est votre Imam après moi. Chacun de vous doit lui soumettre expressément son allégeance et s'abstenir de toute controverse sur ce sujet, pouvant vous conduire au péril. Rappelez-vous qu'il ne sera plus visible par vous." L'Imam al-`Askari est mort le 8 Rabi'-I en l'an 260 H., jour marquant le début de l'Imamat de son fils, lequel constitue une source de guidance spirituelle pour tout l'univers. Comme, selon la Volonté d'Allah, toutes les affaires ayant rapport avec le Saint Imam devaient rester strictement derrière le rideau, il commissionna certains de ses délégués et ambassadeurs qui s'étaient occupés des affaires religieuses depuis l'époque de son père pour servir d'intermédiaires entre le gens et l'Imam occulte. Ils communiquaient les problèmes et les questions religieuses des gens à l'Imam, et rapportaient aux gens les solutions et les réponses données par l'Imam. C'est par la Volonté Divine qu'il a disparu et c'est par la Volonté d'Allah qu'il réapparaîtra. Sa réapparition sera le prélude au Jour du Jugement. Durant la période de la Ghaybah (l'occultation), il est de notre devoir d'attendre la réapparition de l'Imam. Nous devons mettre au point un système de développement social sain et judicieux, fondé sur le Saint Coran pour le présenter au monde. Nous devons prouver l'excellence et l'efficacité des lois divines aux gens et attirer l'attention de ceux-ci sur le système divin. Nous devons lutter contre les superstitions et les fausses croyances, et préparer la voie à l'établissement d'un gouvernement mondial islamique, en nous inspirant de la lumière des enseignements du Saint Coran et des traditions du Saint Prophète. Nous devons mettre au point un programme visant à résoudre les problèmes du monde et le présenter à tous les réformateurs du monde. Nous devons éclairer la pensée des peuples du monde, et en même temps, nous préparer à la réapparition de l'Imam et à l'émergence d'un gouvernement mondial juste. Les adeptes des descendants du Saint Prophète Ceux qui croient que l'Imam Ali Ibn Abi Tâlib était le successeur immédiat du Saint Prophète sont appelés les Chi`ah de `Ali (les Chiites-partisans- de `Ali)(44). Les Chi`ah de `Ali sont en fait, les Chi`ah du Saint Prophète, car les Ahl-Elbayt (Ali et ses successeurs) ont suivi la ligne du Prophète et n'ont professé que ce que le Prophète avait enseigné. Ils sont demeurés solidement attachés à la Mission du Prophète à travers leur vie. Ils se sont occupés pendant plus de 250 ans de la protection du Message Divin et ont appelé les gens à faire de même. Ils considéraient le Saint Coran et le Prophète comme les seules autorités à suivre. Les Chi`ah considèrent l'Imam Ali et ses onze descendants infaillibles comme Imams et les suivent en tant que tels. Le vrai Chiite est celui qui suit l'exemple des Imams de la Maison du Prophète.  

L'Imam al-Bâqir a dit à l'un de ses compagnons, Jâbir Ibn Abdullâh al-Ançâri: "O Jâbir! Crois-tu qu'il suffise qu'un individu se dise être partisan des Ahl-Elbayt (les Descendants du Prophète)pour qu'il soit considéré comme étant Chiite!? Par Allah, notre partisan est seulement celui qui est pieux et obéissant à Allah, celui qui jeûne, prie, sert ses parents, aide ses voisins, les nécessiteux, les gens endettés et les orphelins, et qui est connu pour sa véracité et son assiduité à lire le Saint Coran. Un chiite ne doit jamais parler dédaigneusement avec quiconque et doit faire l'objet de la confiance de tous." Jâbir dit alors: "O fils du Prophète! Je ne connais personne qui possède ces qualités de nos jours!" L'Imam lui répondit: "O Jâbir! Ne te laisse pas berner par les diverses croyances. Crois-tu qu'il suffise, pour avoir le salut, de prétendre être le partisan de `Ali sans souscrire aux commandements d'Allah? Si quelqu'un dit qu'il est partisan du Saint Prophète, sans suivre ses enseignements, il ne sera pas, pour autant sauvé, bien que le Prophète soit supérieur à l'Imam Ali. II est du devoir d'un chiite de craindre avant tout Allah. Celui qui obéit à Allah est notre ami, et celui qui lui désobéit est notre ennemi. Personne ne peut devenir notre ami, si ce n'est par sa piété et ses bonnes actions." L'Imam al-Çâdiq a dit lui aussi la même chose dans les termes suivants: «Soyez pieux et dévots. Soyez véridiques, honnêtes et polis. Comportez-vous bien envers vos voisins. Attirez les gens vers le droit chemin par votre bonne conduite et votre bon comportement. Ne vous attirez pas la disgrâce par vos mauvaises actions. Prolongez vos inclinations et vos prosternations pendant la prière, car lorsqu'un homme prolonge ses inclinations (Rukû`) et ses prosternations (Sujûd), le Diable est contrarié et perturbé." Il crie: "Quelle honte! Ces gens obéissent à Allah, alors que je Lui désobéis. Ils se prosternent alors que je m'abstiens de la prosternation."» A une autre occasion, l'Imam al-Çâdiq a dit: "Les disciples du Prophète Jésus étaient ses Chiites (c'est-à-dire ses adeptes, amis et partisans), mais ils n'étaient pas meilleurs que nos chiites. Ils lui avaient promis leur soutien, mais ils n'ont pas tenu leur promesse ni n'ont combattu dans le chemin d'Allah. En revanche, nos chiites, depuis le décès du Prophète jusqu'à présent, n'ont jamais hésité à nous soutenir. Ils ont consenti tous les sacrifices par amour pour nous. On les a brûlés, torturés et expulsés de leurs maisons, mais on n'a pas réussi à les faire renoncer à leur soutien pour nous."  




NOTRE AMOUR ET NOTRE RESPECT POUR LES AUTRES ÉCOLES JURIDIQUES DE LA UMMAH 

Bien que nous nous différencions des Sunnites en ce qui concerne la question du califat et de la succession du Saint Prophète, nous considérons tous les Musulmans comme étant des frères et des coreligionnaires. Notre Allah, à nous tous, est le même, notre Prophète est le même, notre religion est la même, notre livre est le même, notre Ka`bah est la même. Nous considérons l'honneur et le progrès de nos frères Sunnites comme notre propre honneur et notre propre progrès, leur succès et leur victoire, les nôtres propres, leur disgrâce et leur défaite. Nous partageons donc aussi bien leurs bonheurs que leurs chagrins. Nous nous inspirons en cela, de notre grand dirigeant, l'Imam Ali Ibn Abi Tâlib. Car, s'il l'avait voulu, il aurait pu défendre son droit au califat, mais, dans l'intérêt général de l'Islam, non seulement il s'est abstenu de combattre les califes, mais bien mieux, il les a aidés aux moments critiques. Il n'a jamais hésité à entreprendre n'importe quelle action dans l'intérêt de la Ummah Islamique. Nous croyons que le seul moyen pour le monde musulman de vivre comme une nation forte, de recouvrer sa gloire passée et de se débarrasser de la domination étrangère, est de maintenir les Musulmans à l'abri des dissensions et des discordes, et de les laisser concentrer leurs énergies à la réalisation de leurs buts, afin qu'ils puissent entreprendre des démarches collectives sur la voie de la gloire de l'Islam, et donc assurer le progrès et la prospérité pour les Musulmans. Conformons-nous à cet égard à ce que nous dit le Saint Coran: "Obéissez à Allah et à Son Messager. Ne vous querellez pas, sinon vous fléchiriez ou votre chance de succès s'éloignerait." (Sourate al-Anfâl, 8:46) "Attachez-vous tous, et fermement, au pacte d'Allah (I'Islam), et ne vous divisez pas." (Sourate Âle `Imrân, 3:103) 


 **********************

**********************

**********************  



NOTES  

1. "Uçûl al-Kâfî", d'al-Kulayni, chap.I, Hadith No 29. 

 2. "Plaisirs de la Philosophie", Will Durant.

  3. Behâr al-Anwâr, vol. VI, p. 249. 

 4. Behâr al-Anwâr, vol. VI, p. 1450.  

5. "Çahih Muslim", vol. II, p. 362, éd. de 'Issâ al-Halabi; "Çahih al-Tirmithi", vol. V, p. 328, éd., de Dâr al-Fikr, Beyrouth; "Mustadrak al-Hâkim, vol. III, p. 148, éd. de Haydarâbâd.  

6. voir Mohammad Redhâ al-Mudhaffar, "Les Croyances du Chiisme", Éd. Abbas A. Al-Bostani, Montréal, 1997.  

7. Voir: Al-Bayân Fî Tafsîr al-Qor'ân, p. 31. 

 8. "Al-Kâfî", chapitre: Fadhl-ul- Qor'ân.

  9. "Wasâ'il al-Chi`ah'', vol. I, p. 370 .

  10. Uçûl al-Kâfî. 

 11. ("Mir'ât al-Anwâr").  

12. Dozy, Reinhart Pieter (Anne): (b. Feb. 21, 1820, Leiden, Neth.--d. April 29, 1883, Leiden), Dutch Arabist, best remembered for his monumental "Histoire des musulmans d'Espagne, jusqu'à la conquête de l'Andalousie par les Almoravides", 711-1110 (1861; Spanish Islam, 1913). Dozy, of French Huguenot ancestry, spent 33 years (from 1850) as professor of history at the University of Leiden. Hishistory, a graphically written account of Moorish dominion in Spain that shed new light on many obscure points, long remained the standard work on the subject.  

13. "al-Wasâ'ël".  

14. Pour plus de détails, voir: "Wilâyat-ul-Faqih", de l'Imam Khomeini. 

 15. Voir Mohammad Bâqir al-Sadr: "A Short History of `Ilm al-Uçûl", Isp., 1983. 

 16. George SANTAYANA: Nom original: JORGE AUGUSTÍN NICOLÁS RUIZ DE SANTAYANA (né le16 décembre 1863, Madrid, Espagne- mort le26 Sept. 1952, Rome, Italie), philosophe, poète et humaniste hispano-américain qui fit une contribution importante à l'esthétique, à la philosophie spéculative et à la critique littéraire.(Pour plus de détails, voir: "Encyclopaedia Britannica"). N.D.T.  

17. Carrel, Alexis: (b. June 28, 1873, Sainte-Foy-lès-Lyon, Fr.--d. Nov. 5, 1944, Paris), French surgeon, sociologist, and biologist who received the 1912 Nobel Prize for Physiology or Medicine for developing a method of suturing blood vessels and who laid the groundwork for further studies of transplantation of blood vessels and organs. He also investigated preservation of tissues outside the body and the application of the process to surgery. His strain of chick heart tissue was kept alive for more than 30 years. Carrel received his M.D. (1900) from the University of Lyon. In 1904 he left France for theU.S., working first at the University of Chicago and then at the Rockefeller Institute for Medical Research in New York City. During World War I Carrel returned to France, where he helped to develop the Carrel-Dakin method of treating wounds with antiseptic irrigations. After 1919 he continued his work at the Rockefeller Institute until World War II. In 1941 he became director of the Fondation Française pour l'Étude des Problèmes Humains in Paris. His writings include Man, the Unknown (1935); The Culture of Organs (with C.A. Lindbergh, 1938); and Reflections on Life (1952).  

18. Voir: "Le Révélateur, le Messager, le Message", Ed. La Bibliothèque Ahl-Elbeit, Paris 1983. 

 19. Voir: "Aç-Çalât", Publications du Séminaire Islamique de Paris, 1985.  

20. Voir à cet égard: "Le Jeûne de Ramadhân et ses Statuts", Abbas Ahmad al-Bostani, Ed. La Bibliothèque Ahl-Elbeit, Paris, 1985.  

21. Voir: "Les Rites du Pèlerinage de la Mecque" (Manâsik al-Hajj), Ed. Abbas Ahmad alBostani, Montréal, Qc. 1997.  

22. Voir: Ayatollâh Mohammad Bâqir al-Sadr: "Notre Économie", Dar Al-Thaqalayn, Beyrouth, 1995).  

23. Voir: "Le Khoms et ses Statuts", Ed. Abbas Ahmad al-Bostani, Montréal, Qc, 1997.

  24. Voir: "Philosophie de l'Islam", Ed. Abbas Ahmad al-Bostani- S.I.P.- Paris 1990. 

 25. Voir: Ibn Hichâm, "Sîrat al-Nabî", vol. II, pp. 147-148. 

 26. Ihrâm: Lorsqu'on accomplit le Pèlerinage de la Mecque (hajj), le port d'un vêtement spécifique (ihrâm) est requis.

  27. Voir: "Al-Cawâ'iq al-Muhriqah" d'lbn Hajar al-Haythami al-Makki al-Châfi`î, p. 25. Ed. Matba`at al-Maymanah, Egypte; "Majma` al-Zawâ'id", d'al-Haythami al-Châfi`î p. 164, Ed. Maktabat al-Qudsi; "Tarikh Dimachq", d'Tbn 'Asâkir al-Châfi'î; AI-Ghadir", d'al-`Allâmah alAminî, vol. I, pp. 26-27, Ed. de Beyrouth; "'Abeqât al-Anwâr", de Hâmid Husayn, vol. XII, p. 312, Ed. d'Isphahân, etc. 

 28. Voir: "Çahih al-Tirmithî", vol. V, p. 328; éd. Dâr al-Fikr. Beyrouth: "Jâmi` al-Uçûl", d'lbn alAthir, vol.I, p. 187, éd. d'Egypte; "Yanâbî` al-Mawaddah", d'al-Qandouri al-Hanafi, pp. 33, 40, 226, 355, éd. al-Haydariyyah; "Kanz al-'Ummâl", d'al-Muttaqi al-Hindi), vol III, p.154; Miftâh al-Najâ". d'al-Badakhchi, p9; "Musnad Ahmad Ibn Hanbal", vol. III, pp. 17, 26, éd. d'alMaymaniyyah, Egypte; "Al-Mu'jam al-Çaghir", d'al-Tabarâni, vol. I, p. 131, éd. Dâr al-Naçr, Egypte; "Al-Mustadrak", d'al Hâkim, vol III, p. 109; "al-Fat-h al-Kabir", d'al-Nabahâni, vol. I, p. 252, éd. Dâr al-Ahyâ', Egypte; "Çahih Muslim, Kitâb al-Fadhâ 'il, chap. Fadhâ 'il Ali lbn Abi Tâlib. vol. II, p. 362, Éd. Isâ al-Halabi.  

29. Voir: "Çahih Muslim", vol. VII, p. 130 "Çahîh al-Tirmithî", vol. XII, p. 85; "Musnad Ahmad Ibn Hanbal", vol. IV, p. 170; "Tafsir al-Tabari", vol. XX, p.5; "Tafsir Ibn Kathir", vol. III, p. 485; "Mustadrak al-Hâkim", vol. III, p.158. 

 30. Voir: "Çahih al-Bukhâri",p.175, egypte, 1335 hégire; "Çhih al-Tirmithi", vol.II, p.45, Delhi, 1342 hégire.

  31. "Çahih Muslim",vol. II, p.191, Egypte 1348 hégire; "Sunan Abî Dâwoud", vol. II, p.207, Egypte; "Musnad Ahmad Ibn Hanbal", vol.V, p.106, Egypte, 1313 hégire; "Mustadrak alHâkim", vol.II, p.618, éd.al-Haydariyyah; "Taycîr al-Wuçûl `Alâ Jami` al-Uçûl ", vol, II, p.343, Egypte; "Târîkh Baghdâd", vol. XIV, p.353; "Yanâbî` al-Mawaddah", p.445 (Istanboul); Montakhab Kanz al-`Ummâl", vol.V, p.312.  

32. Voir: "Çahîh al-Termithî", vol.V, p. 300, Éd. Dâr al-Fikr, Beyrouth; "Mustadrak al-Hâkim", vol. III p. 14; "Al-Fuçûl alMuhimmah", d'Ibn al-Çabbâgh al-Mâliki, p. 21, éd. al-Haydariyyah.

  33. Voir: "Al-Termithî", dans son Çahih, vol. II, p. 299, rapporté d'Abdullâh Ibn 'Omar, par Muhib al-Dîn al-Tabari, vol. II, p. 167.  

34. "Thakhâ'ir al-`Oqbâ'', de Muhib al-Dîn al-Tabari, p. 58, éd. du Caire, 1356 h. 

 35. "Târikh al-Bagdâdi", p. 321; Majma` al-Zawâ'id", d'AI-Haytharni al-Châfi`î, vol.VII, p. 35; Kanz al-`Ummâl, vol.VI, p.157.  

36. ''Yanâbî` al-Mawaddah"; "al-Fuçûl al-Muhimmah"; "Musnad Ahmad Ibn Hanbal." 

 37. "Al-Mustadrak". d'al-Hâkim al-Nichâpourî; "Manâgib al-Khawârizmi al-Hanafi"; "Yanâbi` al-Mawaddah", d'al-Qandouzi al-Hanafi, etc. 

 38. Edward GIBBON: Historien anglais, né à Putney (Londres) «1737-1794», auteur d'une Histoire de la Décadence et de la Chute de l'Empire romain (1776-1788). 

 39. "Gibbon abridged by W. Smith", p. 466. 

 40. A`lâm al-Warâ",( Chap.Fadhâ'il al-Sibtayn),d'al-Tabari.  

41. Voir: "Fadhâ'il al-Khamsah". 

 42. Voir: "Les Credos du Chiisme", Mohammad Redhâ al-Modhaffar, Ed. Abbas Ahmad alBostani, Paris 1990. 

 43. "Al-Çawâ`iq al-Muhriqah". 

 44. Voir: al-`Allâmah Kâchif al-Ghitâ', "Le Chiisme: Origines et Principes", Arcs, 1995.  






comments (۰)

no comments

send comment

ارسال نظر آزاد است، اما اگر قبلا در بیان ثبت نام کرده اید می توانید ابتدا وارد شوید.
شما میتوانید از این تگهای html استفاده کنید:
<b> یا <strong>، <em> یا <i>، <u>، <strike> یا <s>، <sup>، <sub>، <blockquote>، <code>، <pre>، <hr>، <br>، <p>، <a href="" title="">، <span style="">، <div align="">
تجدید کد امنیتی